Journal des artistes
CHRONIQUES
Opinion
Manifeste
PLAIDOYER POUR UN ART INCARNE
par PHILIPPE DUVAL, artiste et œuvrier de l'artchimie - avril 2002 -
La galerie "A L'ENSEIGNE DES OUDIN" est un CHAUDRON MAGIQUE ! En on peut considérer la succession des manifestations de la galerie comme celle des trois états alchimiques: Noir, Blanc, Rouge; cette idée a germé en décembre 2000. ( et se confirme en avril 2002 ) A l'époque il s'agissait de Christian Paraschiv, Pierre Cornudet et Henri Ughetto dont on pouvait dire qu'ils étaient involontairement comme les Rois-mages, représentant exactement dans l'ordre de leurs expositions les trois niveaux du corps, de l'âme et de l'esprit ! Noir : l'horizontal , la matière, le cadre, l'instinct, le corps - Paraschiv, le Roumain, l'Ours des Carpates,
"Noir, la couleur du langage" était le titre de l'exposition avec un usage du plomb qui caractérise Saturne - Chronos ;ici l'Orient ! Blanc : le religieux, la psyché, la culture, l'âme - Pierre Cornudet du Québec, Cornue-dé, le nouveau monde dans le grand Nord, le froid, le grand blanc, la nuit arctique, ici l'extrême Occident ! Du rennes on passe à la reine Lune. La reine d'Angleterre est la reine du Canada et Albion vient d'Alba: blanc. Et la lune c'est Diane ! Rouge : l'esprit - Ughetto compte les gouttes de son sang. Il vient de Lyon ... par association : lion : soleil : Centre ! le roi, le cœur saignant. En février, mars et avril 2002 il y a récidive dans l'esprit, avec les expositions successives de Christian Paraschiv, la mienne et celle de Dominique Digeon : Œuvre au noir : la " couleur du langage " de Christian Paraschiv, son gisant fait de multiples parties de son corps sur un assemblage de photos
carrées évoque la mort germinatrice, le Christ en terre, l'utilisation du charbon de Silésie, le plomb ingrédient Saturnien de base de l'alchimie etc... accentuent le travail dans la partie obscure. On sait la terre-vierge, la mère alchimique est vierge parceque première et mère = matière, materia prima,et que le carré du tableau est son ventre où son enfant croît. Œuvre au blanc: Je ( Philippe Duval ) travaille sur la maternité, Sainte Anne, les racines, la Vierge, les feuilles, le Christ, la fleur illustre le travail de la terre-mère qui donne naissance à son enfant, par des montages aboutissant a un cd rom, lumière enfoui dans un tableau-ventre. On peut dire que Lascaux-ventre a engendré la Défense-cerveau gauche et Notre Dame-cerveau droit et que notre approche contemporaine sera globale et simultanée ; finis les mouvements qui se succèdent ou plutôt bonjour à la conscience qui situe telle ou telle œuvre dans une globalité.
A L' ENSEIGNE DES OUDIN, UNE GALERIE D’UTOPIE
L’ UTOPIE (lieu du bonheur recherché mais non encore existant )
"Le DEVOIR de PROPHETIE"
"
SARCASME, INVECTIVE et PREVISION, CRITIQUE DES TEMPS ACTUELS, ANNONCE " (A.Vitez/mars 90 - in J.Ralite/96 )
La galerie " A L’Enseigne des Oudin ", qui a maintenant près de 2O ans d’existence, s’est toujours caractérisée par sa créativité et sa liberté , parfois son insolence, son imagination, toujours.
L’actualité de ces deux dernières années, a été l’occasion de trois coups de gueule qui traduisent la situation d’une entreprise libre, face aux institutions dont le comportement est souvent détestable.

Nous voulons faire entendre notre voix dans la polémique actuelle concenant l’art contemporain, et affirmer qu’entre un " art officiel " qui est une réalité et la négation d’une création artistique contemporaine, l’ART existe, la CREATION existe, ON L’APPELLERA D’ABORD DE L’UTOPIE, encore et toujours.

 

 

1- l’exposition
FEMININ MASCULIN
(Centre G.Pompidou - hiver 95-96 ) a été la cause de notre premier coup de gueule, et l’origine de notre collaboration avec Pierre Bourgeade, après la déception de l’exclusion de Henri
Maccheroni de cette manifestation.

2- l’exposition
MONUMENT et MODERNITE
(Ville de Paris - Eté 96 ) a motivé le second, outrés que nous sommes de l’ignorance affichée par le commissaire, de 30 ans de propositions et d’activités dans ce domaine, et notamment du livre de Marie Chamant " RONDE BOSSE " qui concerne PARIS.

 

3- l’exposition
L’ART FACE à l’HISTOIRE
(Centre G.Pompidou - hiver 96-97 )
A NOTER A NOTRE CREDIT QUE LA CRITIQUE SOUVENT NOUS DONNAIT RAISON !

A partir de 1990-91, la galerie prétendait à une certaine reconnaissance, après 12 ans de travail.
Or justement notre sentiment est celui d’une certaine marginalisation !
Déception face à une exclusion totale des artistes de la galerie des expositions "L'ART SACRE au XX°" à Boulogne Billancourt 1993 ; "LA VILLE, Art et Architecture en Europe 1870-1993" Ct G.P.1994 ; "HORS LIMITES" Ct G.P.fin1994 ; et de "MANIFESTE 2, UNE HISTOIRE PARALLELE" sauf une très légère contribution de Charles Lapicque.
Faut-il se plaindre de cette marginalisation ? Oui bien sûr, parcequ’on en imagine toutes les conséquences !

Mais de fait REVENDIQUONS la marginalité ou même mieux l’ UTOPIE !
Revendiquons, comme galerie à nulle autre pareille dans son apparence, et comme réunion d'artistes - toutes personnalités pour l'instant irrécupérées - une situation " à la MARGE", c'est à dire à coté et ailleurs; si ce n'est dans une configuration "UTOPISTE" c'est à dire plus radicalement nulle part; sachant que l'utopie est la preuve continuellement réitérée que l'invention est toujours possible, et que l' ART EXISTE : Notre validation irréfutable en définitive.

Et le choix des artistes de la galerie a prouvé une cohérence certaine:
Que ce soient les artistes disparus,
Man Ray, Pierre Molinier, Thierry Agullo, des personnalités hors du commun, des artistes toujours difficiles, très mal appréhendés dans leur diversité et leur créativité ! Que ce soient des contemporains comme Jean Pons, Henri Maccheroni, Pierre Comte, Marcel Alocco, Jean Vérame, Patrice Hugues, Francis Marshall, Bernard Turin, Marie Chamant, Marc Denjean, Leszek Brogowski, Thierry Cauwet, Philippe Duval, Dominique Digeon .

1.BILLET D’HUMEUR à propos de FEMININ MASCULIN / Le SEXE DE L’ART - A.O. 6 Novembre.95
UNE EXPOSITION ACADEMIQUE au Musée National d’Art Moderne!
en sous titre : LES CROUTES SONT DE RETOUR ! ou encore : ORSAY à BEAUBOURG !
ou LES POMPIERS au CENTRE G. POMPIDOU !

Académique au sens où à coté d’oeuvres historiques du début du siècle, par exemple de Bellmer, Brauner, Brancusi, Duchamp, Fontana, Magritte, Man Ray, Molinier, Picabia ou Picasso etc... qui sont de véritables oeuvres de création, le plus souvent petites ou même minuscules, la sélection contemporaine s’attache à des oeuvres dont l’un des défauts est d’être inutilement monumentales et encore pire, d’être des palimpsestes de ces oeuvres historiques et pour la plupart, de verser dans le show-business et le complaisant, réinventant une version contemporaine des monumentaux pompiers du XIX° que le Musée d’Orsay, dans le même schéma, valorise outrageusement au détriment des " confidentiels-modestes mais singuliers " impressionistes.

Des exemples : de Louise Bourgeois, on rentre le long de ce monumental " piston tringleur " en rouge (le feu du cul) et noir (A comparer à la géniale petite horloge de Name June Paik qui raconte la même chose avec tellement d’humour !) et on passe plus loin dans une monumentale barrique de bois qui abrite une sorte de fontaine : 2 oeuvres amphigouriques ( prétentieux et obscur), alors que 13 autres oeuvres nous présentent L.Bourgeois.

Les avatars de Marcel Duchamp sont légion et systématiquement agrandis comme si le gigantisme suppléait la création : que ce soient les urinoirs, bouteilles de parfum, travestissements, femmes à barbe, robes de mariée et jeux de mots... Pourquoi le musée boursoufle-t-il ?

Les commissaires le sont - ils eux mêmes ?

Certaines de ces pièces sont de 1995 - Est ce à dire des commandes?

Avec deux révelations : Alberola est le gendre de Brancusi et Francoise Vergier est la belle-fille de Duchamp ! Ils sont gonflés ! Qui ? Ces artistes ou les auteurs des notices du catalogue ?
Vincent Corpet, Fischl, Léa Lublin, Paul Armand Gette, Kiki Smith, Robert Gober, Sylvie Fleury, chacun dans son genre, de véritables pompiers, avec souvent des croûtes, nullisimes.

Pourquoi cette sélection ? C’est la peinture d’histoire ré-inventée !

De taille inversement proportionnelle à leur intêret, alors que leurs originaux de concept (Gette, Calle, Journiac, C.Sherman) sont bien plus modestes : Pas le meilleur de S.Calle, plutot conventionnelle; et les piéces de P.A.Gette , sûrement trop étriquées à son gout, pour qu’il soit assuré de sa démonstration! A.Messager , elle, sauve sa mise et elle est gâtée!
Alors qu’il n’y a rien de Orlan ou de Gina Pane?
Parce que, dit-on, elles ont participé à HORS LIMITES !
Voilà vraiment un raisonnement injustifiable, alors que ce sont des artistes qui se sont engagées personnellement, humainement, profondément dans ce sens et Thierry Agullo... et...et...et...Jeff Koons... et..et...et...Leur absence comme celle de Henri Maccheroni et beaucoup d’autres artistes, français et européens est injustifiable du point de vue historique.

Sous le manifeste d’une  "  exposition d’artistes internationaux " on a rassemblé des oeuvres contemporaines choisies apparamment par les différents signataires du catalogue comme Thomas Mc Evilley ou Robert Storr, au détriment d’une sélection d’oeuvres trop rares comme celles de Othoniel, Helen Chadwixk ou Marie Ange Guilleminot.

Le Pompon revient au hors d’oeuvre ou au dessert, comme on voudra, dans ce menu chargé : L’installation au Forum du Centre par trois jeunes espoirs français qui se prennent pour Carita, Alexandre et Mod’s Hair and Co, matinés des professeurs Morel Fatio pour la chirurgie esthétique et Franco pour la denture...

Vivent L’Oréal, Pro Nuptia, et les supra-nationales de la Beauté, de la Santé et du Bonheur : Tout le Monde, il est beau; tout le monde, il est gentil ! C’est exactement le dernier numéro de Elle : Lui . Voilà le musée !

Heureusement il y a la librairie et le catalogue pour sauver l’expo ! leurs propos en sont bien plus larges et par principe les illustrations par leur échelle uniforme amoindrissent le " pompier "

Mais il y manque cet index historique qui pourtant avait été annoncé par le Pdt. du Centre, François Barré, pour en faire un ouvrage scientifique et objectif, le moins que l’on puisse attendre du musée national !

Tout comme MANIFESTE a été suivi, après un tollé, par " une HISTOIRE PARALLELE " HORS LIMITES et FEMININ MASCULIN doivent aussi être complétés.

Je ne décolère pas et je ne regrette pas d’avoir donné carte blanche à Pierre Bourgeade, en Décembre 95, chez moi : " FIGURES ACTUELLES DE L’EROS, pour une poétique de l’obscénité " Réalité fantasmée : oeuvre de pulsion expressive, moment de l’autobiographie.

Et en Janvier 96, sous le titre " L’ART N’A PAS DE SEXE " Je montre des artistes que j’expose depuis 17 ans pour certains, avec un propos du biologiste Emmanuel Nunez, posant que toute oeuvre d’art exprime le caractère fondamentalement bi-genre de l’humanité.

A PROPOS de MONUMENT ET MODERNITE A.O. Juin 96 / Avril 97
A Paris, Art, Espace Public, et Enjeux de Mémoire 1891-1996
Affaires Culturelles de la Ville de Paris
LA MODE EST EN RETARD ou L’UTOPIE BIENFAISANTE (M.C.)
REVENDIQUONS cette UTOPIE

Cette prise de conscience a été provoquée par l’ exposition de cet été :Monument et Modernité à Paris / Affaires culturelles de la Ville de Paris; et Etat des Lieux / La Commande Publique 91 - 96 CNAP-DAP Ministère de la Culture .

Déception et colère vis à vis d’une absence d’échos à nos démarches, nos propositions, nos offres :

Depuis 1963 pour Marie Chamant, et 1969 pour Alain Oudin, ces thèmes " Espace et Art public / Art Monumental " ont été un souci constant. De fait depuis 30 ans, les projets et les réalisations se sont succédés. Nous nous sentons autorisés à évoquer ces questions ! à parler de l’UTOPIE et de la CREATION, en lutte contre l’ACADEMISME, les demi -teintes et demi-mesures qui sont des IMPOSTURES à la création.

Là où la mesure est comble, c’est précisement quand la Ville de Paris prétend récupérer ce qui s’est réalisé contre sa volonté, ou ne s’est pas réalisé du tout, ou tout à fait indépendamment de son initiative : Les collages de Ernest Pignon Ernest, et l’emballage du Pont Neuf, par exemple; la Place du Palais Royal de Buren, Le défilé de Goude (enflure médiatique dont je suis prêt à reparler dans 25 ans !), l’obélisque de Yves Klein, les monuments de Rodin, Picasso, Giacometti et de Jean Dubuffet; TOUTES IMPOSTURES qui ont oblitéré la réalité parisienne, dont il aurait été intéressant d’analyser en profondeur les causes socio-politiques.

L’importance donnée à ces événements a évacué dans les étages ou dans " l’inexistant " la presque totalité des " utopiques projets " de ces dernières années dont nous revendiquons un certain nombre et qui seront " découverts et présentés comme une réalité virtuelle " dans 30 ans par la petite fille de Nöelle Chabert, à son tour " brillante " commissaire d’une exposition qui clôturera son passage de 10 ans au poste de chargé des arts plastiques à la direction des Affaires Culturelles de la ville de Paris. !?

Le catalogue commente cette analyse de la réalité parisienne.
Catalogue, beaucoup plus intéressant que l’exposition - comme souvent pour ces manifestations thématiques ambitieuses et dont les titres sont des mensonges éhontés -

Bref, nous ne sommes pas contents ! Et il y a de quoi:
Parcequ’on a voulu et sans doute réussi avec nombre de visiteurs , y compris vraisemblablement avec les conseillers municipaux parisiens, les premiers concernés puisque " décisionnaires ", à faire passer des vessies pour des lanternes;

c’est à dire faire croire que l’ensemble exposé avait été réalisé par les bons soins de la ville de Paris.

Restent l’hommage à Arago de Dibbets, l’intervention de Buraglio à l’église Saint Germain des Prés et quelques stations RATP ( Concorde, Chambre des députés ) pour nous consoler !

Car justement parlons des " lanternes " de la Ville de Paris, de son éclairage notamment, et de tout ce qui concourt à l’image et à l’usage de son espace public ! L’ autre reproche majeur que cette manifestation inspire est l’occultation totale de toutes les autres actions d’aménagement : murs peints, éclairage et illuminations, mobilier urbain et revêtements de sol, couleurs et monumentalité architecturale qui concourrent aux " enjeux de mémoire " dans l’espace public. Ce " saussissonnage " hélas permanent, saussissonnage imbécile, discriminatoire et exclusif des autres directions de la Ville de Paris, en même temps que mesure de brouillage de la réalité urbaine, je l’ai dénoncé dans le livre d’or de l’exposition en apostrophant Nöelle Chabert du terme de " charcutière " et elle a eu le bon esprit de se plaindre d’un propos douteux, alors qu’elle s’est retrouvée l’artisan d’une entreprise révisionniste caractérisée.

Ré-écrire l’histoire de l’art à leur convenance, c’est l’épidémie qui sévit aujourd’hui parmi les fonctionnaires-conservateurs, dont on pourrait attendre comme qualité- entre autres - la rigueur historique, alors qu’ils se prennent pour des artistes aux frais du contribuable, ce qui revient toujours en bonne logique à beaucoup rendre à celui qui vous a beaucoup donné : L’ ACADEMISME, vous dit-on, dans toutes ses variantes ! Y compris la récupération, plus de cent ans après, de tous les avortements parisiens, aujourd’hui prestigieux !

Il fallait seulement que le titre annonce "  PARIS VIRTUEL, l’action municipale " En plus c’est à la mode
Mais il fallait aussi manifestement plus de courage pour prendre ce parti d’honnêteté!

Alors que l’art existe, que l’on appellera toujours et d’abord de "l’UTOPIE "
Car il ne s’agit surtout pas de donner des arguments au dénigrement latent de la création contemporaine. Elle existe, fleur rare au milieu d’un champ de citations, de show-bizness, et de carriérisme.

 

 

 

 

3- l’exposition
L’ART FACE à l’HISTOIRE
(Centre G.Pompidou - hiver 96-97 )

Marcel Alocco est un autre cas, lui qui, petit-fils de prolétaires italiens, fait de la philosophie, et à 20 ans ou un peu plus décide de ne pas être " pratiquant marxiste ", affirmant que " ce n’est pas le critère de l’oeuvre d’un artiste, et refusant le dogmatisme-fauteuil, les théories-terrorisantes, et les assurances dogmatiques qui stérilisent ". Cet engagement qui lui vaut d’être exclu du groupe " Support-surface " à sa création ! Exclusion qui reste une grande pénalisation ! Alors qu’il est un des rares à avoir poursuivi sa démarche dans cette esthétique support-surface ! Face au cas Alocco, Cane par exemple ! Qu’on juge de leurs évolutions respectives !

Qu’on juge du bien-fondé de notre colère puisque c’est encore le silence qui prévaut !

Et le cas Henri Maccheroni ! ...et le cas Marie Chamant ! ...et le cas Jean Pons ! ... et le cas Jean Vérame ! ... chaque fois dans la situation qui en fait un artiste en rupture, un vrai prophète : visionnaire et pédagogue; mais gens d’image, plutôt que de langage.

 

 

EN CONCLUSION de ce manifeste, notre réflexion concernant ces expositions thématiques, organisées par la puissance publique est de deux ordres :

-1- Les titres se veulent globalisants notamment par l’emploi " d’articles définis " d'où un hiatus toujours important entre le propos annoncé, générique et prétentieux et le contenu final séléctif puisque les commissaires d'exposition se situent comme critiques engagés, font des choix et par là "éliminent" tout ce qu'ils n'ont pas désigné, au détriment de toute rigueur historique et d'impartialité que l'on attend d'un conservateur de musée utilisant des fonds publics. L’exclusion des catalogues est d’autant aggravée dans ses conséquences, que ces publications font l'histoire contemporaine de l'art.

Voici quelques exemples d’articles définis dans les titres d’expositions: " L’Art Sacré " qui ignorait 30 ans de 1950 à 80; ou encore " La Ville " et " L’Artiste moderne face à l’Evènement historique " etc... C’est également l’histoire du titre du film de Arte sur les Nahon, galéristes/1996 : " Le Marchand... " est devenu, aprés référé :  " Un Marchand... " Que le comité professionnel des galeries d’art n’introduit-il plus systématiquement une action en justice dans de telles situations de confusion ?

-2- Vis à vis de ces expositions intéressantes et prétentieuses, par exemple : QU’EST CE QUE LA SCULPTURE CONTEMPORAINE ?, LA VILLE, MANIFESTE, HORS LIMITES, L’ART SACRE EN FRANCE, MONUMENT ET MODERNITE, FEMININ MASCULIN, L’ART AU CORPS, L’INFORME, L’EMPREINTE, MADE IN FRANCE, FACE A L’HISTOIRE L’ARTISTE MODERNE..., etc... bref, tout ce qui n’est pas monographique, ne faudrait-il pas envisager une sorte de droit de réponse, comme dans la presse, qui consisterait non pas systématiquement en une seconde exposition ( MANIFESTE 2, UNE HISTOIRE PARALLELE ) mais en un second catalogue, complémentaire du premier ? A moins de prendre le parti de n’éditer la catalogue qu’après l’exposition et ce temps de réflexion et ce recul qui permet de juger véritablement et avec un concours extérieur large, de l’intêret réel et de la place à donner à chacun.

Enfin, sur le fond, il est clair que très souvent les Institutions minent la création d’abord en exposant toujours les mêmes artistes comme s’il était reconnu à ceux-là un caractère génial - alors que le génie est rare, quand même ! et que l’institution devrait rechercher le caractère singulier d’un plus grand nombre, - ensuite en promouvant des expressions d’  " avant-gardes académiques , ceci par le biais de la " commande " ou de la " suggestion d’ami " laquelle avant-garde académique ne fait ni l’affaire des poètes, ni celle des bourgeois, sans parler des prolétaires... De ce point de vue j’attends le résultat de la biennale de Venise 97, pavillon français, confié à l’un des trois jeunes espoirs du Forum de Féminin Masculin, Fabrice hybert, dont le propos intrigue !

Voilà pourquoi l’art est souvent déclaré mort ! à tort, certes; mais pas sans raisons !

Pour notre part, plutôt que d'être galerie ou artistes " à la marge " quant aux PROJETS D'ART PUBLIC présentés depuis 1979 pour la galerie et conçus et exposés depuis 1967 pour Marie Chamant nous affirmons l'avance de tels projets " utopistes " et l'avance de la notion même de

" PROJET ", qui suspectée il y a dix ans encore de "flou" ou "d'irréalisable" est devenu récemment à la mode.

Quelques exemples de travaux ayant trait à l’espace public, son aménagement et son usage, par Alain Oudin depuis 1969 : diplôme d’architecte sur les quartiers StGermain et Latin à Paris et la réhabilitation du marché St Germain; Recherches pour la DGRST, Le Plan Construction, La Création Architecturale Etc...sur les processus de production et d’usage de l’espace public sous l’enseigne de Dynamique Urbaine de 1971 à 1985:
Plans de Référence, Schémas de reconquête de Centres-Ville de 3 douzaines de villes moyennes et petites villes. Concours des Halles, du Centre Georges Pompidou, de la Grande Arche de la Défense...Etc...

Quelques exemples de projets d'art public et de réflexions présentés depuis 1979 par la galerie:

" Art public, Art Monumental - 1979 " 12 propositions pour Paris, 6 pour des régions - Avril 1979

" Les 21 Niches vides des Arts Décoratifs, Rue de Rivoli - 1980 " avec la Biennale des Arts de la Rue;

"Bourse aux Projets - 1983 " 5° Anniversaire de la galerie / Note 5 pages - (17 propositions pour Paris)

"Art dans l' Espace" (lié aux satellites) Pierre Comte depuis 1980
bulletin SPACE ART de P.Comte.

"Art Convivial " Marc Denjean, "Marathon 1982 " et " Centenaire de la statue de la liberté " 1984-86

Bernard Turin, " Art Ephémère: Centenaire de la Tour Eiffel " 1984-88. "et Installation de Pains de Glace" depuis 1985 , montré à la FIAC 89 et

Jean Vérame "Intervention au Tibesti" montré à la FIAC 89

"L’Art Ephèmére et la Commande Publique en Art Plastique " pour le CNAP/ A.Oudin B.Turin 02/86 17p.

Depuis 1963, participation de M.Chamant aux Biennales de Paris avec des projets présentés en collaboration avec des étudiants en architecture et en sciences humaines.

Projets et Réalisations de Marie Chamant depuis 1967 -

"Projet de Centre Polycultuel" (bâtiment unique destiné à plusieurs religions) 1967 juqu’à aujourd’hui;

"La Place à Bijoux Aimés" est un projet qui date de 20 ans, initié pour la ville de Paris; proposé depuis à de multiples instances d'aménagement. Projet dans le droit fil du discours gouvernemental de Mai 95 : Création et action socio-culturelle !

"Réalisation d’un lieu de ressourcement " équipement collectif montré à Paris en 1982 et à Montréal en 85;

"Réalisation d’une intervention artistique sur facades " à Paris Ménilmontant - chantier en cours depuis 92

"RONDE BOSSE Lettres d’Amour à la Peinture et à la Sculpture parisiennes " 1994, Diagnostic/Suggestions sur l’esthétique de l’Espace Public Parisien, sous forme de livre d’artiste, édité par l’Enseigne des Oudin.

Et les institutions devront bien à la fin considérer l'insuffisante prise en compte du PROJET d'ARTISTE par rapport à une commande publique ficelée par les programmateurs. Evidemment les pouvoirs publics ont commencé à se rendre compte, notamment dans les "quartiers sensibles" que l'artiste doit travailler en amont d'une réalisation, pour contrer les rejets brutaux par la population qui aboutissent à des démolitions ou à des abandons.

Si Vérame, Turin, Chamant, Comte et Denjean ont réalisé quelque unes de leurs utopies, c’est toujours à compte d’auteur, pour une réalisation le plus souvent temporaire et sans écho notable du coté institutionnel. Les Christo sont une autre confirmation de l’hypothèse suivante : l’institution ne reconnait que ceux auxquels elle a beaucoup donné et qui, par conséquent, lui doivent tout - C’est à dire une forme toujours actuelle d’ACADEMISME.

Heureusement des auteurs ont validé chez ces artistes la dimension utopique !

Entre beaucoup d’autres, les témoignages de

- Egidio Alvaro "  Le Laboratoire de l’Insensé de Marcel Alocco " galerie 3O, 1974

- Pierre Restany " les Convivialistes : Chamant, Comte, Denjean, Turin, chez A.Oudin " CIAE 84 / Foire d’art de CHICAGO en 1984, dans l’ Art Vivant de Juillet 1984

- Skimao " La Fuite en Egypte de Marie Chamant " - Aout 1992.

- Michel Lequenne a déjà situé Pierre Molinier et Jean Pons à la " marge " c’est à dire dans une situation différente de l’Avant Garde récupérable !? Politis - Juillet 1993.

- Gérard Durosoi " Le travail de Jean Vérame " Skira - Septb. 1995.

- Bernard Teyssèdre " Le Roman de l’Origine " (du Monde) Gallimard - 1996 - à propos de H.Maccheroni.

- Patrice HUGUES "

 
Bibliographie de l’activité de GALERISTE de Alain Oudin depuis 1978

MEUBLES D’ARTISTES - Juin 1978/dossier

ART PUBLIC / ART MONUMENTAL - Mars 1979 - 1° anniversaire de la galerie / dossier

LES 21 NICHES VIDES des ARTS DECORATIFS, Rue de RIVOLI - 1980 - Biennale des Arts de la Rue.

Appel à projets et jury avec François Mathey/Arts Déco. et Jacqueline Nebout/ Ville de Paris.

LA COLLECTION D’UN JEUNE AMATEUR D’ART - dossier Mars 1980 - 2° Anniversaire de la galerie.

AUTO-PORTRAITS de FEMMES - expo groupe - Janvier 1982

2 CYCLES DE 5 PERFORMANCES - Février et Avril 1982

BOURSE AUX PROJETS - dossier Mars 1983 - 5° Anniversaire de la galerie.

" 17 propositions qui pourraient changer l’espace artistique parisien " 8 pages.

AUJOURD’HUI, LES ETUDIANTS 61-75 DES ATELIERS ART SACRE ART MONUMENTAL Octb.83

Bulletin DARE D’ART de l’Association des Amis de Alain Oudin, présidée par Pierre Restany :

du N°1, Janvier 84 au N°12, Avril / Mai 85.

FOIRES D’ART : CHICAGO International Art Expo. CIAE 84 et ZURICH Forum 84 / Notes de présentation de l’installation de 6 sculptures et environnements sur le Navy Pier - Mai 1984.

ACTUALITE du SPACE ART / ART ESPACE, ou l’avènement opérationnel de l’art dans l’espace -

Mai 1985, publié dans le Numéro Spécial ESPACE de la revue Autrement - Février 1986.

JE PAYE POUR VOIR - Rencontre au Centre Culturel de Mont Saint Aignan / Rouen Fév.Mars 1985

4 pages et lettre de Juin 1985

L’ART EPHEMERE ET LA COMMANDE PUBLIQUE EN ART PLASTIQUE, Alain Oudin / Bernard

Turin - Février 1986 / CNAP- 17 pages

LE CENTENAIRE DE LA TOUR EIFFEL : La Tour Eiffel de l’Espace - Ville de Paris - concours - 1986

4 PLASTICIENS PHOTOGRAPHES - Novb.86 - 1p.

MONIQUE VOIRON, l’artiste a vocation de politique (urbaine) Musée de Villefranche sur Saône - 1989

A PHOTO DE PEINTRE - Novb. 94 - 1p.

MACHINS DE MACHINES - 1991 -

VOYAGE AVEC P.L.M. ENTRE ABSTRAIT ET FIGURATIF. Oeuvres de 1920 à 1987 de Jean Pons, Charles Lapicque, et Man Ray. - Eté 1991 et 1995 -

CHARLES LAPICQUE ET LA MEDITERRANNEE - Eté 1994

BILLET D’HUMEUR à propos de l’exposition FEMININ MASCULIN au Centre Georges Pompidou - Hiver 95

L’ART N’A PAS DE SEXE Hiver 95-96 avec le Professeur de biologie Emmanuel NUNEZ

CHARLES LAPICQUE ET L’ESPACE DU SPORT - Chateau de Hauterives - catalogue - Eté 1995 -

REFLEXIONS INSPIREES par l’exposition MONUMENT ET MODERNITE - Ville de Paris, Affaires Culturelles - Eté 1996

L’OEIL CHEZ CHARLES LAPICQUE - Eté 1996 -

COLERE motivée par l’exposition L’ART FACE A L’HISTOIRE au Centre Georges Pompidou - Hiver 97

publiée par la revue CAFE n°3 et dans le dossier FARCE A L’HISTOIRE.

PRESENTATION et HISTOIRE du LIVRE et des DEUX EXPOSITIONS : " LE MYSTERE MOLINIER - Pierre Molinier et ses ami(e)s " par Pierre Bourgeade, livre co-édité par VOIX Richard Meier et L’Enseigne des Oudin. Mars 97 - 8 pages

ERRATA du livre PIERRE MOLINIER publié par PLUG IN et SMART PRESS/USA - Avril 97 - 1p/anglais

PIERRE MOLINIER : QUELQUES ETAPES d’une VIE et d’une OEUVRE PEU ORDINAIRES pour le

Festival " BITE GENERATION " à NANTES - Mai 97 - français et anglais -

MANIFESTE : A L’ENSEIGNE DES OUDIN, UNE GALERIE D’UTOPIE ( L’Utopie : lieu du bonheur recherché, mais non encore existant ), et " Le DEVOIR de PROPHETIE (selon A.Vitez): Sarcasme, invective et prévision, critique des temps actuels, annonce " - Juin 97 - 7p