Pierre MOLINIER
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Présentation par Alain Oudin - Mars 97 Exposition permanente durant 1997 Ce livre est né de la rencontre entre Pierre Bourgeade et Richard Meier. Rencontre que j'ai suscitée, à l'issue de l'exposition - «carte blanche à Pierre Bourgeade intitulée Figures Actuelle de l'Eros » en Novembre 1995 et qui a regroupé principalement les artistes, peintres et photographes, pour lesquels Pierre Bourgeade a écrit depuis 30 ans environ : Autour de MOLINIER : IRINA IONESCO, CLAUDE ALEXANDRE, ELISABETH PROUVOST, GILLES BERQUET, HENRI MACCHERONI... Bourgeade y exposait ses photographies, ramenées aux radicaux noir et blanc par photocopie, travaux, commencés depuis plus d'une vingtaine d'années, qui ont fait l'objet d'une météorique et prétendue édition par la revue littéraire CARGO qui refusa la co-édition avec Roger Borderie...Prétention...! Cette carte blanche à Pierre Bourgeade était la réponse polémique de ce dernier aux commissaires de l'exposition FEMININ-MASCULIN au Centre Georges Pompidou, Marie-Laure Bernadac et son époux, Bernard Marcadé, qui n'avaient pas voulu exposer Henri Maccheroni. Bernard TEYSSEDRE s'en étonne encore dans cette superbe fiction qui tient autant de l'enquête policière que du roman et de la critique d'art : « LE ROMAN DE L'ORIGINE » du Monde de Courbet. Belle leçon de rigueur historique comme de créativité que ce travail; à méditer, commissaires divers ! Le projet de sortir le  « Mystère » au printemps 1996 motivait une première exposition PIERRE MOLINIER à L'ENSEIGNE DES OUDIN, illustrée par la « carte de visite » - la formule est de Pierre Chaveau - image très forte qu'on ne peut oublier, qui représente une auto-fellation de Molinier dans les années 50 [d'après ses propres souvenirs ] et non les années 70 comme c'est noté par erreur. « J'ai mis deux ans à y arriver... pour faire comme les yogis...me nourir de mon sperme... Je n'ai rien pris d'autre pendant 18 jours... »

La souscription du livre est alors lancée.Ce fut l'occasion de faire connaissance de Pierre Chaveau, qui en 1971 soutenait son mémoire de licence ès Lettres/Arts Plastiques à Paris I sur le sujet « L'artiste Pierre Molinier » De ce fait, il a conservé des documents et des amitiés liés à Molinier. Pour ce mémoire, il avait tourné un film, détruit par son amie, belle fille rousse, partenaire d'occasion de Molinier, effrayée de ce à quoi elle s'était prêtée. Mais Chaveau pense qu'il peut exister une copie de ce film, faite par le laborantin qui l'avait développé... Avis de recherche...! De rencontrer Jacques Balmont, ami et imprimeur de Thierry Agullo, qui lui avait confié beaucoup de ses papiers, notamment tout ce qui concernait ses éditions et ses projets d'édition, y compris ceux de Molinier; papiers qu'il m'a confiés à son tour. Occasion aussi de rencontrer Mohror qui a photographié et enregistré Molinier dans une formidable séance de travestissement, prise plan par plan, pendant des heures, les trois derniers jours d'aôut 1973. Tous documents qu'il m'a laissés avec d'autres dont il est question plus loin. O ccasion encore de rencontrer Rebekah Wood. A Londres, elle a déjà écrit sur Molinier. Elle souhaite maintenant poursuivre en vue d'un livre. Mais le livre de BOURGEADE ne sort pas : les représentations de sa TERESA, à CAEN, puis à BERLIN, puis à ROUEN en ont retardé l'écriture. TERESA est l'opéra délirant et formidable créé par Pierre Bourgeade et Marius Constant, dans lequel le marquis de SADE ressuscite sainte THERESE d'AVILA s'en fait aimer, avant de partir ensemble en enfer. Rencontre extravagante qui aurait sûrement beaucoup plu à Pierre Molinier. «  Sennsationnnel !!! » disait-il. La souscription du livre se poursuit... Enfin « LE MYSTERE MOLINIER » sort début 97, riche de mois de réflexion, de compilation et de rencontres...qui continuent... Il est bâti autour de trente quatrains inédits de Bourgeade pour Molinier, écrits début 70, projet sans suite de Tchou. Pour répondre aux 30 poèmes, 30 photographies de Molinier sont choisies : une majorité d'auto-portraits et quelques portraits d'ami(e)s et/ou de complices : Bourgeade réunissant ses souvenirs sur Molinier, est venu à parler de ses ami(e)s qu'il avait lui-même connus : Joyce Mansour, Henri Maccheroni, Thierry Agullo, Yves Hamon, Irina Ionesco, Patrick Lacoste, etc... D'où le sous-titre du livre « PIERRE MOLINIER ET SES AMI(E)S » qui est le motif d'une seconde exposition autour de Pierre Molinier, le resituant avec des documents sonores et visuels, des points de vue et des souvenirs, des oeuvres de l'époque, dans sa pièce à vivre et sa bibliothèque (Rachilde, Lo-Duca, Emmanuelle, Joyce Mansour, les revues Bief, Planète, Obliques, et Bataille, Breton, Bourgeade, Bellmer et Balthus) ; avec sa galerie de portraits d'ami(e)s ou de complices qu'il a photographiés avec ou sans lui, ou qui l'ont photographié. En outre, depuis 1967, Bourgeade tient également de Molinier un tapuscrit (frappe machine) de ses 1O « Orphéons Magiques ». Ils sont reproduits en fac-similé; il conviendrait de repérér les variantes de la publication qu'en a fait Thierry Agullo en 1979 ? Pierre Molinier a vu beaucoup de monde dans les dernières années de sa vie, mû notamment par son désir de publier LE CHAMAN. Presque toutes ses lettres à Pierre Bourgeade font état de ses contacts et de ses espoirs en vue de la publication de son « livre » : avec Lo-Duca, Pauvert, Losfeld, Tchou, Petithory,... éditeurs français; d'autres encore, l'un allemand, l'autre suisse... Beaucoup de monde est venu, dans les 12 dernières années de sa vie, attiré par quelqu'un de libre et d'unique: « Je suis mort au conformisme, J' AI FAIT CARRIERE DANS LA LIBERTE DE MON INDIVIDU » disait-il, en février 1974, devant la caméra de Jacqueline Plessis. Et Molinier distribuait largement les copies des courriers reçus et de ses manifestes, ainsi d'ailleurs que ses photographies auto-portrait, [ qu'il considérait encore, en 1973, comme sa vie personnelle,] et ses photo-montages et objets-fétiche et fétichés; Il a aussi beaucoup distribué autour de lui, juste avant son suicide. Il y a donc beaucoup à retrouver. Pour leur part, Pauvert, Losfeld, Peter Gorsen et Hanel Koeck, Francoise Molinier avec Pierre Bourgeade et Roger Borderie puis avec Pierre Petit et encore Jean-Paul Michel, Anne Garde avec Letu puis Treville, Luciano Castelli et Jean-Luc Monterosso, Jean-Pierre Bouyxou, par son film, ses dossiers et ses souvenirs à partir de ses 19 ans, Jacques Donguy par ses écrits et ses témoignages a beaucoup apporté à la connaissance de Molinier. Plug-In Editions et Smart Press, avec Adam Boxer poursuivent dans le monde anglo saxon. Jean-Luc Mercié, dans le monde hispanique. Akiko Ogosé, Yumi Mizutani et Makoto Ohrui, au Japon où Shibusawa évoque Molinier depuis les années 50. Les films de Raymond Borde, de Philippe Bordier et de Noël Simsolo, s'ils étaient moins confidentiellement conservés seraient sûrement utiles. C'est vrai, au moment de mourir, Molinier a écrit sur sa porte :   «  s'adresser Claude Fonsale Notaire » et non pas « la clé est chez le concierge »... comme l'a écrit Pierre Bourgeade en 1979 pour Obliques. Mais il vaut mieux inventer - c'est le privilège de l'artiste - et mettre au point après - ce que l'on attend de l'historien - que de censurer, éliminer et réviser l'histoire de l'art et de la création : imposture d'historien ! N'est-ce-pas, Jacques Donguy !... Ici, pour ce livre et cette exposition, Pierre Bourgeade le premier, avec tous les courriers et documents reçus, échangés et collectés, Françoise Molinier, puis Jacques Balmont et Pierre Chaveau, Francis Maugard, René Baudouin, Jacques Abeille, Gérard Béringer, Renée Bertrand-Bossaert, Irina Ionesco, Henri Maccheroni, Jean-Pierre Giovanelli, Mohror, Chantal Petithory, Jean-Pierre Bouyxou, Jacques Donguy, Loÿs Agullo, Nathalie Reich, ont enrichi cette exposition et l'édition de tête du livre. Pensées aussi pour MOLINIER, Jean Petithory, Thierry Agullo, Yves Hamon, Alain Macaire, disparus. Richard Meier apporte sa touche personnelle avec ce livre qui est très beau et dont on peut espérer des éditions étrangères. Les livres ont souvent permis à Pierre Molinier de fructueuses rencontres : André Malraux, Emmanuelle Arsan, Joyce Mansour, Bourgeade. Lui a longtemps habité Bordeaux avant de faire connaissance de Yves Hamon et de Patrick Lacoste, tous deux amateurs d'art et agitateurs culturels bordelais des années 70. Hamon, collectionneur, suscitait des rencontres : c'est lui qui présente Molinier et Bourgeade à Lacoste, interne en psychiatrie, co-animateur d'une librairie-galerie : Le doigt dans l' Oeil; ce dernier interviewe Bourgeade à la radio, à la publication des « Immortelles », entretien qui sera ensuite publié par la Quinzaine Littéraire; Lacoste sera aussi en 1974 producteur du film de Jacqueline Plessis « L'étrange collection de Monsieur Hamon », dont, curieusement, Agullo est absent comme artiste !? Avant d'aller chez Molinier, Lacoste et Bourgeade passent chez Hamon où se trouve Thierry Agullo, jeune artiste que Bourgeade perçoit comme un autre Rimbaud.... nouvelle rencontre ! Pierre Chaveau et son interview de février 71: Molinier y parle très simplement de sa vie extravagante, ce qui déclenche des cascades de rire chez ces jeunes gens qui l'écoutent. Chaveau présente Xavière Gauthier, membre de son jury, à Molinier, chez qui elle vient avec son ami Jean Meunier lui aussi fétichiste des jambes...!!! Pierre Chaveau et ses amis Pigeon, Roussillon et Gavroche alias Porthos - lui de triste mémoire pour Pierre Molinier puisqu'il l'accuse de l'avoir cambriolé - font des cadavres exquis ensemble avant d'emmener Pierre Molinier se reposer en 1970-72 à Lacanau chez son médecin et ami Francis Maugard, où ils tournent quelques images 8mm. Chaveau a confié à  « L'Enseigne des Oudin » cet enregistrement, son propre travail de l'époque, ces images tournées à Lacanau,....sa collection...une note de souvenirs : « Molinier ascète du sexe ». Créant le contact avec Maugard, Abeille, Périz, Rougier... Pierre Bourgeade montre à Molinier son livre avec Henri Maccheroni « A NOIR CORSET VELU » édité par Jean Petithory / les Mains Libres en 1972. Maccheroni et Petithory rentrent en contact avec Molinier, font des projets, des échanges et se voient. Maccheroni photographie Molinier; documents qui sont dans les archives de Francois Pluchart. Jacques Abeille, également étudiant bordelais, écrit dès 1967 pour Molinier, à la demande de Jean-Jacques Pauvert. Aujourd'hui écrivain et artiste il se souvient, alors qu'il avait lui aussi, comme Jean-Pierre Bouyxou, 18-20 ans, de la vie de Molinier : très beau manuscrit, au lent mûrissement, jusqu'à un certain désenchantement ! Mohror et sa femme Myriam passent trois jours à Bordeaux à la fin du mois d'aôut 73, enregistrent et photographient Pierre Molinier. Il leur demande des conseils sur ses premiers auto-portraits couleurs [ évidemment antérieurs aux portraits de Thierry Agullo ] et les leur donne...avec des ektas de tableaux et des photos de dessins, pour montrer à un éditeur en Suisse...