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MAULNES appartenant
à Louise de Clermont-Tallard, comtesse de Tonnerre en 1540, épouse François du Bellay en 1539, première duchesse d’Uzès en 1565.
MAULNES, château-logis proche de Cruzy-le-Chatel, Tanlay et Ancy-Le-Franc, au nord du département de l’Yonne, reste une extraordinaire composition de la seconde Renaissance Française, parmi Les plus excellents bastiments de France réunis en deux volumes par l’architecte Jacques I Androuet Ducerceau: le premier achevé en 1576, comprenant Manne [MAULNES], le second en 1579, publiés à cette date par Morel à Paris. Ducerceau sauve MAULNES… dont il n’est cependant pas l’auteur ! et dont l’histoire s’éclaire aux différences mêmes entre ce «reportage» publié et la réalité archéologique mise à jour, en vue de restauration par son nouveau propriétaire, le Conseil Général de l’Yonne… MAULNES dont les commanditaires Louise de Clermont-Tallard et Antoine de Crussol étaient deux personnalités favorites de Catherine de Médicis, régente pendant le troisième quart du XVIème siècle, durant lequel les guerres de religion ravageaient la France… guerres que la reine tâchait d’éteindre en prônant déjà l’innovation, insensée à ce moment, d’état laïc ! principe auquel ses favoris adhéraient, quoique de « la religion », c’est à dire protestants. MAULNES qui capitalise bien des caractères remarquables de constructions contemporaines, est sûrement l’œuvre d’un ou de plusieurs grands architectes, mais encore inconnus… Serlio… Primatice… Delorme… Bullant … Goujon… Lescot… X ! ?
Enquête : |
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Deux histoires parallèles se déroulent
emmêlées: l’histoire assez courte de Ducerceau et de sa relation aux
acteurs de MAULNES, et dont [seules ?] ses gravures publiées
rendent compte, histoire qu’il
faut démêler de celle beaucoup plus
longue de la propre histoire de Louise de Clermont et de
ses deux époux, et de leur relation à leur forêt et à leur maison
de MAULNES dont rendent compte tous les autres documents, y compris
les plans dessinés, retrouvés chez Ducerceau. Une
nouvelle hypothèse Le
rapprochement de l’analyse archéologique de l’état actuel de MAULNES
avec les gravures qu’en a présentées Ducerceau, auxquelles s’ajoutent des dessins - dits
de Ducerceau, ses supposés relevés préparatoires aux gravures – mettent à jour des différences vraiment considérables:
notamment ce qui concerne le nymphée au niveau sud le plus bas, et
la façade d’entrée au nord composée de deux pans du pentagone, dont
le nombre de travées de baies, sur les 3 niveaux supérieurs, est passée
de 7 unités sur les dessins, à 5 dans la réalisation avec toutes les
modifications de plans que cela suppose. Ces éléments et quelques
détails comme la transformation du vestibule en porche qui finalement
redeviendra vestibule fortifié et l’ajout de 4 cheminées, permettent
de poser l’hypothèse qu’une partie de ces plans serait ceux d’un projet
antérieur, partiellement actualisé chez Ducerceau par le dessin
en façade nord de 5 travées de baies et du massif ajouté qui « ferme »
l’éperon fragile de l’entrée, précaution tenant aux troubles des guerres
de religion. L’antériorité conséquente du projet par rapport à la
construction de 1566-73, réactualiserait l’hypothèse d’une intervention
initiale – notamment celle de Serlio, sans exclure Delorme ou Primatice
– avant et autour de 1550,
quand Louise de Clermont-Husson et son premier époux François du Bellay
organisaient l’exploitation de leur forêt de MAULNES… et par conséquent
auraient projeté d’y construire une nouvelle résidence sur une fontaine à la place d’un château ruiné… alors que Serlio et Primatice
se suivaient à la construction d’Ancy-Le-Franc pour le frère de Louise,
et que Delorme construisait Anet pour Diane de Poitiers, belle-sœur
de ce même frère de Louise. François
du Bellay mourait en 1553 et leur fils Henri suivait son père
d’un an, emportant le projet de MAULNES dans leurs
tombes ? De nouvelles recherches aux archives Bellay et Husson,
de leurs fiefs d’Anjou, du Poitou et du Cher, durant les décennies
1540-50, compte tenu des procès de succession intervenus, révéleraient
la justification d’une telle hypothèse… ? 15
ans après, la même situation préside à la construction de MAULNES ! et c’est aussi
la disparition d’Antoine de Crussol, 20 ans après celle de François
du Bellay qui arrêtera le chantier. Ce
projet pré-existant expliquerait alors sa mise en œuvre rapide en
dépit de difficiles conditions de préparation tenant au périple de
la cour en France, entre janvier 1564 et mai 1566… avec à nouveau
l’intervention vraisemblable d’un architecte, le même ou un autre,
même si la personnalité des commanditaires, férus d’humanisme et d’architecture
pouvait donner l’impression de pouvoir se passer de conseils extérieurs.
Ce peut-être Primatice ou Delorme qui dessine les nouvelles
façades issues des modifications que la réalisation présente tant
au sud, spécialement en partie basse, qu’au nord sur toute la façade;
pour leur part les façades latérales témoignent sans doute du respect du principe originel de l’escalier
– morceau de bravoure de MAULNES - et de son éclairage par des
failles verticales axées, qui paraissent presque continues du bas
en haut; le percement des façades principales se retourne aux rez-de-chaussée
et à l’étage noble de ces élévations latérales: l’architecte créant
au final des façades d’une indiscutable harmonie, caractérisée par une sorte de « vibrato » tenant à d’indiscernables mais volontaires nuances
[pour 1/6 en largeur] des percements. Le chantier s’étalera sur
plusieurs années; habité à partir de 1570; mais non achevé à
mi-août 1573, quand Antoine de Crussol, meurt d’une maladie contractée
au siège de la Rochelle (novembre 1572
- 6 juillet 1573) auquel il a participé avec son frère Jacques. La mort de Crussol
précède de neuf mois celle de Charles IX, le 30 mai 1574. -1-
Les Commanditaires de MAULNES Louise de Clermont-Tallard (1504-96) qui
héritera en 1539 de sa mère Anne de Husson, le comté de Tonnerre,
très proche du pouvoir par sa personnalité, l’est particulièrement
des architectes Serlio, Primatice et Delorme,
par sa famille, ses alliances et ses voisins en Bourgogne: Louise
à la cour de 6 rois, de François I à Henri IV, et appréciée d’eux
(CARMINATI Laurence, MAULNES
est une terre de Bourgogne, éditions de l’imprimeur, avril 2004,
p.59): nommée dès 1524
à 20 ans fille d’honneur par Louise de Savoie; Louise mariée à un
homme de vingt ans son cadet, à l’égal du couple formé par Henri II
et Diane; Louise que Catherine de Médicis (1519-89)
favorise en 1559, à la mort d’Henri II en nommant Chevalier d’honneur son mari Crussol qui était militaire donc nomade
et elle ensuite, maîtresse de l’escadron volant des quatre-vingts
Filles d’honneur; Louise très proche amie et confidente de la
reine comme de ses enfants, les princes Charles, Henri et Marguerite
(CLOULAS,CdM;p.320); Louise dont le premier mari François du Bellay grand seigneur et chef
de « maison », mort en 1553, était le neveu-germain du cardinal et de son frère Guillaume, tous deux
commanditaires prestigieux de Delorme: le cardinal Jean pour Saint-Maur
entre 1541 et 44 (Guide.IdeF,p.610) et Guillaume
pour les fortifications en Piémont auxquelles Delorme travailla initialement.
Puis après le chantier de Saint-Maur, celui d’Anet de 1545 à 53 pour
Henri II et Diane de Poitiers dont la sœur Françoise est l’épouse
d’Antoine III de Clermont, frère aîné de Louise, et propriétaire d’Ancy-le-Franc,
chantier conduit par Serlio en 1542-46, dont la mort en 1554, amène
Primatice à prendre le relais. Lequel interviendra également, lui
ou son atelier, au château de Tanlay, voisin de MAULNES et d’Ancy-Le-Franc,
pour peindre à fresque le dôme de la tour
de la ligue, à la demande du fils de Louise de Montmorency, François
d’Andelot de Coligny. Andelot et le cévenol Crussol, comme la dauphinoise
Louise de Clermont étaient réformés; Andelot finalement opposant à
la couronne; les Crussol fidélisés depuis juin 1563 et récompensés
pour leur tolérance religieuse par leur élévation à la dignité ducale
par Charles IX en mai 1565, le
premier duc qui ne soit
pas prince du sang! Les préalables au chantier: le 7 mai 1566,
Antoine de Crussol passe les marchés de charpente et de maçonnerie …
les travaux de charpente sont conclus à prix fait, le marché de maçonnerie à la toise (au métré). Quand, où, avec qui, se fait tout le travail préalable à la signature
des marchés ? facilité évidemment si le projet pré-existait.
Quels architectes étaient du tour de France
de janvier 1564 à mai 1566 du roi adolescent Charles IX et de
la cour, à qui sa mère présente son royaume, périple pendant lequel
le projet de MAULNES a continué de s’élaborer avec ses commanditaires ?
Pour l’instant il n’y a pas de réponse à cette question. Par ailleurs,
il est rapporté que les réformés notables - dont les Crussol ?
- auraient quitté le cortège à Toulouse, priés par la reine de n’être
pas présents à Bayonne pour éviter toute friction avec la cour espagnole
ultra-catholique; ces derniers, faits ducs d’Uzès en gage de la reine
au parti tolérant dit « politique » juste avant cette rencontre
de Bayonne, auraient rejoints puis quittés la cour à Moulins. Dans
cet intervalle de temps, de mai 1565 à janvier 1566, puis à nouveau
à partir de mars, ils se seraient occupés de leur projet depuis Selles-Sur-Cher,
dans le Berry ou à Paris ou encore entre Tonnerre et MAULNES et auraient
pris le temps de le mettre au point… mais avec qui ? -
2- Quels sont les architectes contemporains ? Le paysage architectural de la France
sous les derniers Valois est extraordinairement riche d’importations
italiennes et d’échanges stylistiques dont sont notamment crédités
des artistes comme Serlio (Bologne
1475 - Fontainebleau ou Lyon? 1554), ou Primatice (Bologne 1504 - Paris 1570),
et Delorme (Lyon 1514-70), les deux ténors
du moment, morts à la tache, avec les quels les liens des Bellay /
Crussol sont multiples… Serlio et Jacques I Androuet Ducerceau (1510-85) … tous deux auteurs de modèles,
raison qui expliquerait des délais courts de mise en œuvre du projet
! ou encore Jean Goujon (1510 - de religion
réformée, quitte la France en 1562, et meurt à Bologne 1566), ou Pierre Lescot
(1515-78), Jean Bullant
(1520-78), très talentueux
et actifs… Bullant succédant en 1570 à Delorme et Primatice; et la
jeune génération avec Baptiste Androuet Ducerceau (1545 ou 47- 1590), 20 ans à ce moment, fils de Jacques et
Pierre II Chambiges (1544-1615), 21 ans à ce
moment, fils de Pierre I Chambiges ( ?-1544)
et
peut-être pupille de Primatice ? tous travaillant pour la couronne
et le premier cercle de la cour, Diane de Poitiers, le cardinal Du
Bellay (1492-1560), les Guise-Lorraine, les Montmorency-Coligny,
les Clermont-Tallard. (Collectif/direction
Pérouse de Monclos/Guide du patrimoine Ile de France, Hachette/M.Culture,1992). Et encore Bertrand de Cazenove de Tanlay
ou Jean Delorme, frère de Philibert… ou encore tel autre architecte ? Sebastiano
Serlio,
architecte et théoricien italien, est né à Bologne en 1475. Il est
appelé en France fin 1540, dix ans après Rosso et Primatice, à plus
de 65 ans, pour transformer le Louvre. Il présente des projets gigantesques
mal adaptés à la situation urbaine parisienne; faute aussi au roi
vieillissant de ne pas avoir su anticiper Les Tuileries. On lui préféra
finalement Pierre Lescot, plus modeste et souple dans sa proposition.
Serlio sera alors appelé à Fontainebleau;
par Hippolyte d’Este (1509-72) pour son hôtel dit du Grand Ferrare,
très innovant (Guide IdeF,p.308
& Serlio,1575;livreVII); et par le Roi au château, avec pour consolation
400 livres par an, et brevet du Roi du 27 décembre 1541 « de
son état de peintre et architecteur au fait de ses édifices et bastimens
au dit lieu de Fontainebleau ». Serlio y sera actif mais peu
écouté: comme le montrent ses projets refusés dans ses livres
VI concernant les communs de la Cour
du Cheval Blanc, et VII
la salle de bal de la Cour Ovale
(Guide IdeF,pp.275,276). Vignole viendra retrouver son ami
Serlio à Paris et Fontainebleau entre 1541 et 43, où il collaborera
[avec Serlio ou Primatice ?] vers 1543 à la Grotte
des Pins, première grotesque en France [?], sous l’influence
de Jules Romain (Guide.IdeF,p.277). Serlio sera
employé à Châalis par Este entre 1544 et 46, où reste son mur d’enceinte
de la roseraie; Primatice y peignant à fresque la chapelle; et à Ancy-le-Franc
en 1546 par Clermont-Tallard (futurTonnerre) [à partir même de 1541
(JOBST,Taschen,2006,p.38)] et peut-être à Montceaux-les-Meaux
pour Laguette, trésorier royal ? avant que Delorme ne lui succède
pour la reine (Guide.IdeF,p.443). Mais
pour le chantier de MAULNES, Serlio hors de propos, puisque mort en
1554; -
sauf si le projet datant des Bellay, est utilisé finalement par les
Crussol ? -
sauf si les manuscrits ou les Livres de Serlio, publiés depuis
1537 à Venise, à Paris puis à Lyon, attestés pour certains d’entre
eux dans les bibliothèques de Catherine de Médicis et d’Henri III
(GARISSON, 2001;pp.172,308) constituent un catalogue de modèles utilisé par les Crussol ?
En fait il est sûr qu’il n’existe pas de modèle de Serlio pour MAULNES; alors qu’on y a retrouvé le plan d’Ancy-Le-Franc,
découverte rétrogradant Primatice à qui son dessin était auparavant
attribué, au rang de successeur de Serlio: leur histoire est très
mêlée. Primatice, né la même
année que Louise de Clermont, est appelé à Fontainebleau par François
I en 1532, à 28 ans, deux ans après Rosso; ces deux artistes pour
suppléer au trop sommaire Gilles Le Breton. Primatice « génie
raffiné, exerça sur l’évolution de l’art français une influence décisive »
(Robert2,p.1463). « architecte, peintre, sculpteur,
apporta de Mantoue, pour décorer Fontainebleau, son savoir et sa somptueuse
fantaisie. Il créa un décor fastueux de conception hardie, départ
d’un style nouveau » (PUJOL Claude,Itinéraire Paris-Cote d’Azur,Paris,1949 ;p.10)… notamment
à Fontainebleau et Saint-Germain pour le roi; à Meudon et à Dampierre
pour Charles de Guise cardinal de Lorraine; à Châalis pour Hippolyte
de Ferrare cardinal d’Este, mais aussi à Ancy-Le-Franc, Tanlay et
Vallery en Bourgogne… Depuis
1540, coiffant Rosso autre élève de Michel-Ange, Primatice à Fontainebleau
remodèle la Cour Ovale, et sera hyperactif dans
la cour de la Belle Cheminée,
durant la décennie 1560 qui nous intéresse, fournissant des dessins
tant d’architectures que de sculptures… Primatice proche du premier
cercle de la cour, fut aussi chargé par François I d’une mission de
collecte d’œuvres d’art italiennes contemporaines, sculptures et tableaux,
qui sera la raison de nombreux contacts avec Michel-Ange,
précurseur du non finito - (Chastel,vol.1,1978;
pp.189-196).
qui aurait aussi inspiré Vignole
réputé avoir collaboré avec Serlio ou Primatice à la Grotte des
Pins à Fontainebleau, premier bossage rustique ou grotesque français.
A l’occasion de ces voyages à Rome, Primatice fut l’ambassadeur de
François I auprès du Maître Michel-Ange (Chastel,vol2,1978,p.193) sollicité par le roi depuis 1519,
puis celui de Catherine de Médicis dont il accepta la commande en
1559 d’un monument équestre à la mémoire d’Henri II: le fameux « Cheval Blanc » de Fontainebleau. Et curieusement
le tombeau du duc Claude de Guise élevé à Joinville par Primatice
vers 1550 restera longtemps célébré comme une œuvre de Michel-Ange
(Chastel,vol2,1978,p.192). A partir de 1544, Primatice prendra
la succession de Pierre I Chambiges décédé, comme maître d’œuvre des
châteaux de chasse royaux en Ile de France; puis en 1559 à la mort
accidentelle d’Henri II, le clan des Guise qui prend l’ascendant au
Conseil royal de François II, le nomme Surintendant
des Bastiments royaux et disgracie Philibert Delorme, le cardinal
du Bellay et Diane de Poitiers ses clients, et avec Montmorency, son
architecte Jean Bullant, à l’époque Contrôleur
général des Bâtiments, au profit de François Sannat (Guide patrimoine Ile
de France,1992,p.286). Philibert
Delorme
est déchargé au profit de Primatice, de cette charge de Surintendant assumée de 1548 à 1559, qui justifiait prééminence sur
tous les autres artistes, y compris sur ce dernier à Fontainebleau,
et entraînait son intervention sur tous les chantiers royaux, dont
les châteaux de chasse en Ile de France – où sous Henri II, il interviendra
notamment pour achever l’escalier principal du château de Madrid (P.Potié,p.132) et en 1557 la couverture de La Muette
(Guide IdF,p.466). Delorme met alors à profit sa disgrâce
pour publier chez Frédéric Morel en 1561 deux volumes sur les charpentes:
Nouvelles inventions pour bien
bastir à petits fraiz ; puis rentré en grâce par son génie auprès
de Catherine de Médicis, il débute pour elle, avant la publication,
toujours chez Morel, du Premier
tome de l’Architecture en 1567-68, ses deux derniers chantiers
connus: l’agrandissement de Saint-Maur en 1561, après la mort en exil
à Rome un an avant, du cardinal du Bellay; et le chantier des Tuileries en 1564, pour lequel Delorme, s’inspirant de Serlio,
propose plusieurs innovations et suit les directives de sa royale
cliente lui dictant jusqu’aux dimensions des pièces, alors que la cour quitte Paris fin janvier 64 pour ce long voyage qui nous occupe.
Bertrand de Cazenove architecte initial de Tanlay (1555-59) né à Saint Florentin
en Champagne, de religion réformée, est l’architecte ordinaire de François d’Andelot (HAUTECOEUR Louis, congrès archéologique de France, Auxerre,1958,
p.244); à rapprocher d’un Jean de Cazenave ou Cazeneuve, maître-maçon,
mentionné à Tonnerre (CM/HF,pp.54,55) comme associé
en 1553 de Jean Verdot, celui qui signera en 1566 le marché de MAULNES.
-
3 - Remarquable MAULNES MAULNES capitalise bien des caractères
remarquables de constructions contemporaines: - Escalier
central circulaire à jours: sur les modèles sophistiqués de l’escalier
du Belvédère de Bramante en 1512; de l’exemple magistral de l’escalier
central de Chambord en 1519; Puits d’Orvieto par Sangallo pour Clément
VII dans la décennie 1530 (Cah.2p.34); et de l’escalier
principal du château de Madrid, étudié et achevé par Delorme (Potié,Philibert Delorme,éd.
Parenthèses,1996;pp.132-135). - Terrasse
d’observation et Lanterne à jours (Carminati,p.89): Chambord; La
Muette par Delorme; - Organisation
du service par des galeries latérales desservies par des escaliers
à vis: Madrid, La Muette, Challeau: châteaux de chasse de François
I, que Ducerceau a reproduit également, dont Chambiges, Primatice
puis Delorme vont assurer la maîtrise d’œuvre ou l’entretien, bien
que dits d’architectes inconnus. - Façade
du Nymphée en grotesque et ruine: Grotte des Pins de Fontainebleau
par Serlio, ou Primatice [et Vignole ?] en 1541-43 (Chastel1978,vol2,pp.33,37/Erratum sur la fig.239,p.37: dates
1441-1443 erronées) inspiré de l’innovant esclave
non finito de Michel-Ange de 1530-1534 (Chastel1978,vol2,p.32). - Bastions,
Cryptoportique (portique à moitié
enterré pour soutènement) Bains, Etuve
et Nymphée, Jardin clos entouré de fossés: Anet par Delorme en 1545-53;
Dampierre, par Primatice pour le cardinal de Guise, autour de 1555. - Plafond
à caissons de la grande salle (Carminati,p.117): Salle de bal
de Fontainebleau par Delorme et son menuisier Scibec en 1548-50, suivant
des modèles italiens, peut-être diffusés par Serlio ? (GuideIdF,p.285) - Plan
pentagonal, cœur circulaire: Caprarole (Carminati,p.31
& Pillement,p.42) par Sangallo et Vignole ami de Serlio, aux Farnèse, à Viterbe,
1555-59; - Grandes
fenêtres de l’étage noble: Le Louvre par Pierre Lescot en 1556 (Carminati,p.30). - Charpente
des communs à petits bois
à la Philibert Delorme, encore lui; sur ce propos apparaissent
presque tous ses chantiers: Limours, Anet, La Muette, Montceaux, Montmartre,
Beynes, etc... (Guide du patrimoine
Ile de Fr,1992 & P.Potié,1996; pp.149-157) - Galerie
ouverte, Cryptoportique, Grotte et Nymphée (Carminati,p.45): la grotte du
Primatice à Meudon pour le cardinal de Guise en 1552-60 (GuideIdF,p.433); la grotte de Delorme à Montceaux-les-Meaux
pour la reine, en 1557 (GuideIdF,p.444); - Accès
sous galerie ouverte et galerie supérieure de réception de 45 mètres
de longueur : Le pont-galerie de Chenonceau par Delorme en 1556
(Potié,p.169); le pont-galerie à 2 niveaux de Fère-en-tardenois,
par Bullant pour Montmorency vers 1560 (Salch,Dico.1979,p.471); deux galeries ouvertes qui complètent
Saint-Germain par Primatice en 1567(GuideIdF,p.600); - Exèdres
pour Cours et Jardin (Carminati,p.94)…: une « maison
du théâtre et baignerie » à Saint-Germain, par Philibert Delorme
pour Henri II en 1557-59…
(GuideIdF,pp.598-600). Cette liste descriptive des éléments constitutifs
de MAULNES cumule des choix
déjà éprouvés comme le parti massé d’un pavillon unique borné
de tourelles, avec terrasse supérieure accessible, sur une esplanade
fortifiée, sur le modèle déjà ancien des châteaux de chasse de François
I, modèle qui naît avec Chenonceau et Chambord; choix déjà éprouvés
auxquels s’ajoutent une accumulation d’innovations en termes d’organisation
générale, de construction, et de confort, une accumulation de sophistications formelles qui en font
un objet unique et exceptionnel,
renforcée par son échelle très
réduite et quasi domestique… c’est une maison… dans une enceinte
de 230 x 123 mètres… comparée aux demeures royales vis à vis desquelles
s’établit la comparaison ! Les innovations: - une implantation liée aux équinoxes
et solstices qui implique une conscience cosmique (Carminati,pp.44,102); - un souci de confort et d’hygiène, peut-être
d’hédonisme (MC.p.93):
l’eau courante, 3 sources, baignoire, piscine intérieure
[les bains froids de Pieper,
n’en déplaise à M.Chatenet (p.80,note27)]
et
piscine extérieure… - autre innovation appliquée: charpente
par éléments « pré-fabriqués »
propres à Philibert Delorme ! et plafond-manifeste
de producteurs de bois des trois pièces principales de l’étage
noble (CM/HF,p.130). la théâtralisation maniériste et systématique
des formes construites: - cour oblongue de proportion 3 sur 2,
combinaison apparente d’un rectangle et de 2 demi-cercles: celui des
communs et celui du mur de la cour d’honneur (plutôt que basse-cour);
le relevé précis donne 35m de large sur 52,5m de long qui ne contredit
pas le faux ovale de Ducerceau. - galerie
haute, lumineuse et aérienne, dont
s’échappent les vues sur la forêt et le paysage pardessus les
bastions, prestigieuse par son innovation technique et sans doute
par son contenu envisagé, présente en fait un autre
schéma d’accès au logis depuis la cour d’honneur, par l’escalier
mitoyen à son vestibule, en alternative au schéma quasi malthusien
de l’obstacle et de la rupture érigé en style, énoncé précédemment.
- à l’étage noble, le vaste antichambre-vestibule
de forme polyédrique, éclairée par 3 baies, en charnière de la galerie
et des deux chambres principales… peuvent-elles être considérées dès
cette époque, en 1570, comme des chambres
d’honneur, des salons aux plafonds formidables, anticipant sur le XVII° siècle ? [à contrario d’appartements
intimes, ce qu’elles deviendront par la construction ultérieure du
cloisonnement axial, dès Crussol disparu, ou plus tard, par un Louvois,
propriétaire ultérieur ? (CM/HF,p.85)] - ¾ de cercle du cryptoportique débuté
à l’est, qui finalement n’a jamais été construit ! - pentagone du bâtiment principal, - l’exèdre (demi-cercle) qui poursuit
et achève le jardin carré surbaissé de 4 mètres, - le bassin de bains s’inscrivant suivant
Ducerceau, sur 3 cotés, au fond d’une pyramide inversée, qui n’a jamais
été construite, creuse encore de 3 mètres supplémentaires ! - deux petites pièces pentagonales qui
rappellent la forme principale; - deux petites pièces circulaires en annexe
des offices/salles de garde/cuisines encadrant l’entrée principale;
- l’escalier avec noyau intrados circulaire,
et extrados pentagonal, comme l’enveloppe générale; ouvert à son sommet
mais aussi sur les côtés, par des failles latérales totalement à claire-voie,
qui assurent une aération hygiéniste contre les miasmes… la peste
sévit encore périodiquement… et qui éclairent les paliers plus efficacement
que les solutions d’Andrea Palladio, architecte vénitien contemporain,
pourtant génial ! Autres sophistications d’organisation: - un passage transversal, glissé en entresol
des accès noble et de service et ayant sur eux, vue et ouïe, reliant
les deux offices/salles
de garde/cuisines à niveau3 (CM/HF,p.80,note27) encadrant l’initial
porche « ouvert » dont le schéma est curieusement proche
de celui de Bullant à Fére-en-Tardenois (CM/HF,p.210);
porche
finalement transformé en vestibule « fermé » rendant ce
passage à peu prés superflu (CM/HF,p.117); - à découvrir [?] sous le tracé de la
galerie ouverte, un souterrain au niveau2, ou une pente, menant du niveau 3 des communs à l’entrée de service du logis, niveau2 du jardin. - Reste la nécessité défensive qui transparaît
à l’examen des épaisseurs de maçonnerie qui varient infiniment, fonction
de leur vulnérabilité [?]; en pleine période des guerres de religion
(CM/HF,p.276). Le
rapport du construit aux images connues (Cahiers
de MAULNES, Conseil Général de l’Yonne, 5 numéros, 2001-2005 &
CHATENET/ HENRION / collectif, Picard, 2004) Le
constat archéologique de MAULNES diffère notablement des gravures
publiées et plus encore des
dessins retrouvés, attribués à Ducerceau. Les raisons de ces différences sont multiples.
Elles tiennent d’abord aux méthodes de Ducerceau, puis tant à l’histoire
de ses commanditaires, qu’au déroulement du chantier et à l’évolution
de leurs options pendant celui-ci, jusqu’en 1573, enfin à l’évolution
de l’usage de la construction jusqu’à aujourd’hui. Reconstituons le déroulement des événements
qui ont amené à la situation actuelle: - Ducerceau
a eu communication d’un dossier vraisemblablement dans la fourchette
1568 - 1573, de plans qui
ne rendent vraiment pas compte de la réalité bâtie, et il a pu
devoir dessiner le plan général de synthèse des rez-de-sols apparents
qui sera gravé ! peut-être aussi lui a-t-il été communiqué ?
D’autre part à la même date a dû lui être remis ? ou a-t-il relevé
une vue cavalière générale, à vol d’oiseau, prenant presque en compte la réalité construite [à l’exception du bassin extérieur
dont la représentation reste erronée sur les deux vues]: le logis
est représenté achevé après le choix en 1566 d’une façade
nord réalisée sur 5 travées au lieu de 7, puis pour finir du « rajout collé » du massif nord, et le futur à bâtir: l’ensemble jardin/communs/enceinte,
en chantier ou chantier interrompu ? représenté achevé. 1) Rappelons que ce dossier qui nous est
parvenu, est constitué d’un plan général à rez-de-sols apparents et
de deux plans du logis dont chacune des 5 façades présentait 3 travées
de baies identiques. Ce qui valide l’hypothèse d’un projet
primitif daté 1550, ou au plus tard 1565-66, actualisé au moment
de sa communication en 1568-73 par l’unique ajout du massif nord: contrairement à la vue à vol d’oiseau, ce plan général ne renseigne en rien sur la réalité construite du logis
à part l’escalier, mais confirme que l’ensemble de la composition
générale est d’un jet, cohérent et équilibré, toutes parties complémentaires,
sinon indispensables : communs, esplanade [dite ailleurs et à
tort terrasse] et jardins. 2) La construction effective de MAULNES,
sur la base de cet « avant-projet », s’est faite après plusieurs
modifications et mises au point
dont on comprend mieux l’ampleur, si on l’explique par le grand délai
écoulé depuis le projet primitif de 1550 et le changement d’acteurs
de 1566; au moins de l’un d’entre eux: l’époux de Louise, si ce
n’est aussi leur conseil – par contre s’il n’y a pas de projet primitif
et que toutes ces modifications sont le fait du temps du chantier,
cela traduit de grandes difficultés de préparation du projet et de
communication entre les acteurs, compréhensibles du fait du périple
de la cour; éventuellement une succession rapide d’architectes, soit
à la suite d’une remise en cause drastique du concepteur initial après
mésentente, soit d’un événement inconnu ! L’hypothèse
du projet primitif est plus satisfaisante vis à vis de personnages
responsables et brillants ! Modifier,
mettre au point, c’était justement une nécessité prévue par un marché
de maçonnerie à la toise (au métré) qui donne toute latitude d’adaptation,
particulièrement nécessaire dans une situation de sol particulier,
et par conséquent des conditions spéciales de fondation. Même si des
sondages préalables avaient sans doute été effectués, c’est l’ouverture
du chantier et la recherche d’assise des fondations dans un difficile
terrain argileux et sourcier, simultanément, sinon au captage, du
moins à la canalisation des 3 sources, (CM/HF,pp.107,108) qui a sans
doute permis de finaliser l’implantation, et peut-être même les dimensions
définitives; ce qui pourrait expliquer le principe de la différence
de cotation de Ducerceau; mais différence très importante ! à
moins que ce dernier ait fait en plus une confusion d’unité de mesure,
entre pied royal et pied bourguignon ? On comprend que cette
accumulation de difficultés ait pu motiver la réflexion saugrenue
de Monique Chatenet (CM/HF,p.196) sur « l’idée saugrenue d’installer
un château sur une fontaine » ! Outre ces difficultés recherchées, d’autres
difficultés d’ordre social
et politique s’ajoutent: ce sont les terribles troubles liés aux
guerres civiles de religion que l’on pouvait croire se calmer, mais
qui se multiplient et s’amplifient au cours du chantier; troubles
qui seront en définitive fatals à Antoine de Crussol puisqu’il mourra
des suites d’une maladie contractée au siège de la Rochelle; de plus
MAULNES est dans une situation géographique particulière au centre
et à proximité de Tanlay, Noyers, Chatillon, Vallery, fiefs des chefs
réformés « révolutionnaires » Coligny et Condé; enfin la
situation personnelle de Crussol et de Louise de Clermont réformés
également mais fidèles à la cour, et de son premier cercle, lui comme
« chevalier d’honneur », elle comme confidente de la reine,
rend à leurs yeux ce couple « traître » à la cause
de la Réforme et donc ennemi ! cette accumulation explosive,
Monique Chatenet ne semble pas l’avoir correctement perçu, quand elle
s’interroge plusieurs fois (CM/HF,pp.98,195,207) sur la raison
de la « fermeture »
de MAULNES. Ce sont donc d’abord et sans doute, ces conditions d’insécurité
qui motivent la décision de renforcer la fermeture du logis qui présentait
un éperon nord fragilisé par de nombreuses et larges ouvertures à
différents niveaux face à l’accès; toutes ces précautions sont de
l’ordre de la défense, même si on peut estimer que les considérations
esthétiques de la composition de cette façade aient pu s’ajouter aussi
puisque cette disposition d’accès plein nord, combine exceptionnellement
deux façades en une seule. Mais en définitive cette « fermeture »
ne fera pas de MAULNES une forteresse même avec son enceinte close
de fossés talutés qui d’ailleurs ne sera jamais terminée ? Elle
mettait le logis à l’abri d’un « coup de main » pas d’un
siège ! Ces
modifications principales concernent -1) au niveau 1 l’ajustement des fondations
au système « sourcier » et à la nature de sol; -2) le nymphée ou piscine intérieure-extérieure; -3) la façade nord « fermée »
avec ses implications à tous niveaux et la liaison avec la galerie; -4) pour mémoire, les bains du niveau
3 et leur escalier d’accès, déjà longuement analysés. -5) les communs dont la charpente, la
hauteur de larmier, et les baies supérieures évoluent manifestement
dans le temps; et les lucarnes disparues ! -1) Ainsi il est vraisemblable que la
profondeur finale des fondations et des captages, peut-être un peu
plus importante que prévue - moins 7 mètres - ait conduit à un ajustement
des caves (CM/HF, un étage de réglage, p.93) après les deux repentirs et tâtonnements de hauteur relevés
sur les voûtes à niveau1. Mais leur dédoublement par un niveau2 partiel
est d’origine, et indispensable compte tenu de la disposition de l’escalier
qui donne au nord à mi-niveau sur un palier d’accès à un vestibule
polyèdre ouvert sur l’extérieur en pointe nord; palier depuis lequel,
montant au niveau3, ou descendant au niveau1, on ne peut donc pas
passer en face sud, aux 3 pièces au dessus du nymphée; d’où leur double
desserte: soit en remontant depuis le vestibule du nymphée ce qui
est un accès particulier, rapide et noble; soit en descendant par
les escaliers de service des tourelles sud; c’est aussi cette disposition
particulière qui permet éclairage et aération latérales du cœur du
bâtiment, dès ce plus bas niveau. Ces dispositions d’accès aux pièces
sud du niveau2 restent actuelles et conformes au projet originel;
elles en caractérisent la complexité et la virtuosité (en
réponse aux questions de Paul Barnoud, Cah.5,pp.24&57). -2) le bassin des bains dessiné au plan
de niveau1, n’est pas conforme à la réalisation qui opère un basculement
nord-sud de l’axe principal du nymphée – l’eau courant du dedans au
dehors - qui a entraîné les modifications de façade sud conséquentes
à cette mise au point des substructions, tout
en conservant le principe de 3 travées de baies axées mais dont permutent
les variations de largeur, et se dilatent les axes dans la façade.
Ce qui apparaît chez Ducerceau comme une architecture de thermes un
peu idéale et symptomatique d’une représentation survalorisée à l’échelle
incertaine, est devenue réduite d’un quart et réorientée, une réalité
plutôt prosaïque avec un bain au sud et des caves traditionnelles
enterrées au nord, d’usage domestique contemporain ! Poursuivons
les hypothèses: ce bassin envisagé comme une piscine est entouré de
deux annexes latérales, également orientées plein sud, dont les seuils
vers leurs escaliers de service respectifs sont constitués de caillebotis
de bois propres à se sécher et éviter ainsi des glissades mortelles
dans les escaliers de pierre (CM/HF,p.125). - 3.1) la façade nord en quasi-conformité
avec la réalité (erreur cependant sur le niveau3: baies inversées
dont meurtrière largement surdimensionnée) passant de 7 à 5 travées
de baies, avec les modifications conséquentes aux plans du vestibule
et des étages… ces nouvelles dispositions de la façade d’entrée peuvent
tenir d’abord à des considérations esthétiques et pratiques, au
vu sur les plans primitifs,
du positionnement malheureux dans les volumes, des baies axiales des
deux façades nord; ensuite très clairement avec l’adjonction du
massif nord sont-elles motivées par des considérations de sécurité,
qui justifieraient notamment l’abaissement du plan du jardin (CM/HF,pp.105,114) et peut-être
la fermeture de toutes ses issues (CM/HF,p.113), sauf au sud
doublement encaissé; peut-être en partie, étaient-elles déjà intégrées
aux plans du marché ?… ce qui n’est pas contradictoire avec les
repentirs observés au niveau3, dans les deux petits cabinets circulaires;
repentirs qui concerneraient le détail de leurs baies d’accès et l’axe,
la forme et l’ampleur de leurs baies extérieures qui se réduiront
finalement à des meurtrières ! (CM/HF,p.112) - 3.2) De fait c’est le moment d’évoquer
le raccordement de la galerie au logis (CM/HF,pp.156-157); en effet l’hypothèse
probable de la liaison originelle est la continuité entre la galerie
et le logis aux niveaux 3 & 4 et peut-être aussi au niveau2 du
service, s’il s’avérait des fondations propres à un passage inférieur
souterrain ! car se pose la question pour son entretien après
le chantier, de l’accès au jardin encaissé de plus ou moins 4 mètres,
si ce n’est pas, par le niveau1 du nymphée, encore 3 mètres en dessous ! - 3.3) Le vestibule principal, tel qu’il apparaît aux plans primitifs, est originellement petit et ovale avec
des ramifications manièristes.
Puis il sera transformé en porche, simplifié et agrandi à la suite
de l’abandon d’une travée de baie sur chacune des façades nord, comme le prouve l’observation de Fabrice Henrion (CM/HF,p.117,note 22): la mouluration de la porte ouvrant sur
le large palier d’escalier à niveau haut3 est de même nature que la
mouluration des fenêtres. Mais la nouvelle disposition entraînera
la mise au point d’un passage de liaison en entresol entre les deux
offices-antichambres voûtés, précisément pour court-circuiter ce porche
« extérieur ». Enfin, ce porche redeviendra vestibule par
l’adjonction du massif nord de maçonnerie. Ce massif renforce
aussi l’éperon apparemment fragile face à la galerie et aux terrasses
d’accès(CM/HF,p.119). Un vantail et un pont-levis [?]
contrôlent l’accès au vestibule depuis la galerie ouverte du rez-de-chaussée
dont l’extrémité est vraisemblablement reculée par rapport au projet
originel. Par ailleurs un détail sur le plan de niveau3 (CM/HF,p.89 – quelle source ?) – semble-t-il
passé inaperçu jusqu’à maintenant – montre une variante de fermeture en
attente de décision ?
Si besoin, ce détail de variante à l’étude prouve la communication
d’un document original primitif modifié en 1568-70, à contrario du
relevé d’œuvre ! Finalement c’est une 3° solution qui sera
retenue et réalisée, généralisant à l’intérieur comme à l’extérieur
la même forme concave du mur existant au fond du vestibule. - Une autre conséquence de l’abandon d’une
travée de baie sur chacune de ces façades nord apparaît dans une hésitation sur le positionnement de leur second
axe d’ouverture qui expliquerait les repentirs dans les « cabinets »
circulaires mitoyens du vestibule d’entrée: Noter que dans un
esprit de défense, ces ouvertures proches de l’entrée sont plutôt
des meurtrières ! mais dont le positionnement commande celui
des deux étages supérieurs; considération qui infirme le jugement
sur le peu de soin apporté aux façades. La « fermeture » nord a également
ses implications aux niveaux 4 et 5: - 3.4) Notons d’abord que la baie axiale du niveau4 a été réduite notablement
en largeur (p.121); ensuite notons
qu’au plan primitif à 7 travées de baies, il n’y a pas de séparation axiale, mais deux cloisons créant
des cabinets sans cheminée laissant une anti-chambre centrale
assez spacieuse; Puis deux
cheminées ont été crées, face aux nouvelles fenêtres, entraînant
la disparition des cabinets pour créer une vaste anti-chambre en charnière
de la galerie noble (CM/HF,pp.95,208)
et des deux chambres adjacentes [deux cheminées
symétriques dans le même vestibule, c’est un maniérisme de composition
propre à l’époque, liée aussi à la configuration précise des lieux;
mais ce n’est pas un cas unique] Tout à fait d’accord avec l’hypothèse
de L. Carminati: Crussol disparu en 1573, la galerie noble inachevée…
ce pan de bois ultérieur sépare deux appartements domestiques ! ?
Sa datation par analyse dendrochronologique a-t-elle été faite ? -
Sa dépose est souhaitable et apparaîtra d’autant justifiée que la baie
axiale sera ouverte, faisant éclater l’inanité du petit volume
en reliquat. C’est aussi une
option muséographique beaucoup plus intéressante, et qui posera
la question de la reconstitution ou de l’évocation de la galerie ?
Concluons en posant l’hypothèse que cette pièce centrale commune cadre bien la
relation exceptionnelle qui devait exister entre ces deux personnages
Louise et Antoine ! - Les cloisonnements de refend des 3 pièces
principales nord aux niveaux 4 & 5 apparaissent comme objets d’indécision
(p.121); par contre
la décision de passer d’une poutraison à la française, prévue au marché,
à une poutraison maniériste, décrite par Ducerceau,
et dont les preuves ont été trouvé, rendait indispensable la construction
de ces épais refends au niveau4 et logiquement leur élévation au niveau5.
- 3.5) Au niveau5, il est noté par Fabrice
Henrion, (p.117,fig.92 [noté
par erreur, en légende 91]) une gémination du jour
axial nord. N’est-ce-pas le témoignage d’une tête de cloison ménageant
une aération, plus qu’un jour, pour chacune des deux pièces séparées
par une cloison continue depuis l’escalier jusqu’au
massif nord ? et non scindée en patte d’oie pour une raison
qui n’apparaît pas, sauf à reposer sur l’étage inférieur; alors que
ces deux étages étaient organiquement différents,
du fait au niveau4 de l’accès au niveau noble de la galerie. Là aussi
existent des cheminées sans doute non prévues au projet initial, qui
constituent en couronnement, le massif nord qui manquerait à la composition
générale s’il n’existait pas! Il est possible aussi que ce massif
nord de couronnement ait été prévu initialement, mais vide d’usage,
et donc propice à la construction de ces 4 cheminées supplémentaires
dans l’antichambre/vestibule du niveau4 et les arrière-chambres/garde-robes
du niveau5. Colombier fait-il un lapsus évoquant (Cah.2,p.8) quatre pyramides ? - 3.6) Concernant la partition au niveau5 du grand volume sud
en 2 chambres, l’hypothèse de Fabrice Henrion, succombant au syndrome
de la « patte d’oie », est vraiment sujette à caution (CM/HF,p.124). Il faudrait lui préférer une cloison en baïonnette,
constituant deux cabinets dont l’un est doté d’une fenêtre. - 4) Plus tard, dans le temps où Louise
de Clermont commande ses tentures, le chantier se poursuit par les
communs et la galerie qui ont été plus ou moins achevés ou aménagés.
Ce sera aussi le cas du terrassement du jardin, des fortins et de
l’enceinte. Pourquoi la proportion volumétrique des communs et de la galerie représentée
par Ducerceau est-elle hors d’échelle ? (CM/HF,pp.87,153,158) Il faut rajouter 2/3 de la hauteur pour
que le faîtage de la galerie règne à 11 mètres avec le larmier de
la corniche générale du logis. Ceci avec une pente de toit de 60°
(p.114), alors qu’une charpente Delorme supposerait une pente encore
plus importante de 72° ? suivant l’architecte Mr. Decaris-2001.
[contrairement au préjugé d’une telle charpente plus basse !]
Les ailes des communs comportent-elles réellement 3 niveaux comme
l’énonce Monique Chatenet (p.94) ? C’est
donc aussi le positionnement en hauteur des baies au dessus des arcades
qui est en question, dont il semble subsister deux schémas d’organisation,
dont le moins élevé a été reproduit par Ducerceau (CM/HF,pp.88,178) En outre les
photographies de la face est du refend du vestibule, témoigneraient
d’un exaucement des rives et du faîtage (CM/HF,pp.153,158)
Est-ce
illusion ? Autant dire que la galerie supérieure était importante,
la pente aménagée du terrain paraissant très faible, même quasi nulle
(p.178). Il est regrettable
que l’étude archéologique des communs ne donne aucune information
en coupe ! Comment expliquer cette différence avec la représentation de
Ducerceau ? N’aurait-il eu connaissance de l’ensemble du projet
que par un plan ? ce qui créerait une nouvelle incertitude sur
le niveau des fossés délimitant l’enceinte ! plan en absolue
cohérence avec la réalité et toutes proportions gardées, même
si ses cotes sont agrandies; encore une fois la question de savoir
si Ducerceau a confondu pied
royal et pied bourguignon ? Et est-ce une explication suffisante ?
- Il reste que l’analyse par Françoise Boudon (CM/HF,pp.165-167) concernant
« Le jardin » témoigne d’un changement
de terminologie par rapport à l’ensemble de l’ouvrage traitant
de l’archéologie de MAULNES; enfin certaines observations de Laurence
Carminati appellent des mises au point. De
fait les communs et les parties extérieures n’ont pas encore été étudiés
aussi finement que le logis, ou tout du moins n’en a-t-il pas
encore été rendu compte ? Peut-être sera-ce le sujet du numéro
6 des Cahiers de Maulnes ou d’un suivant ? En
conclusion L’histoire
reconstituée de MAULNES, se jouerait en 4 temps : A) D’une main
inconnue, vers 1550 [ ?]
les plans primitifs dits de Ducerceau,
exclu le massif nord. B)
D’une
autre main inconnue… - ou la même ? -
vers 1566 les plans réalisés - ceux du marché ? - sans massif nord qui n’est pas encore prévu. C)
Les plans finalisés avec le massif nord, aux alentours de 1573. Ducerceau
court-circuite
ce schéma en restituant les
plans primitifs sur lesquels ON a rajouté le massif nord et actualisé
les façades dans « la
vue d’ensemble » avant
de les lui communiquer vers
1570-73. D)
Les
plans relevés aujourd’hui, après obturations et cloisonnements des
siècles passés, aux niveaux2 &4. Il apparaissait que les études récentes
sur MAULNES aient jusque là quelque peu négligé la confrontation approfondie entre les ouvrages réalisés et « radiographiés »
par leur analyse archéologique, rubrique « repentirs et ajouts »
(CM/HF,pp.89,121), et les plans - dits de Ducerceau - qui apparaissent alors vraisemblablement
pour partie, constitutifs d’un
projet primitif, au vu de l’ampleur des modifications intervenant
à la construction. Ces modifications
concernent plus spécialement au sud le changement
d’organisation du nymphée, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur
en façade, et au nord le passage de 7 à 5 travées de
la composition d’entrée, avec ses détails de baies à tous les
niveaux, ainsi que la question
du cloisonnement et des cheminées
des « garde-robes » centrales des niveaux4&5;
sans oublier pour finir, le
massif nord ou tourelle. Faire
l’hypothèse d’un projet primitif entraîne la réunion des conditions
de son élaboration et des justifications de l’abandon de sa mise en
œuvre: c’est bien
le cas avec François du Bellay et de son jeune fils Henri, morts en
1553 et 54, comme permet de le penser l’analyse de l’histoire de la
forêt de MAULNES par Alain Noël (Cah.4,2004). Cela ouvre
donc un champ nouveau de recherches d’archives, sur de nouvelles plages
de temps, autour de 1550 et de nouvelles aires géographiques, Berry
Anjou et Poitou, régions d’implantation des familles Husson et Bellay. Cette répétition du projet suppose deux
interventions, soit d’un seul auteur à environ 15 ans d’intervalle,
soit de deux auteurs successifs. Dans le cas d’un seul architecte,
il serait assez profitable de considérer l’évolution sur 15 ans du
même couple maître d’ouvrage / maître d’œuvre. La signature stylistique est très difficile
et aléatoire et reste du domaine de l’hypothèse; d’ailleurs les confusions
de paternité ne sont pas rares entre artistes contemporains, liées
souvent à des successions de prises en charge qui sont assez systématiques
sur des programmes importants. A ce jour plusieurs options d’auteurs
ont été posées. Au bouquet ainsi constitué des parrains italiens que
sont Michel-Ange, Vignole et Perruzi, et des auteurs présumés qui
seraient Serlio le plus français des italiens, et les plus italiens
des Français: Delorme et Lescot, sans éliminer complètement les contemporains
Goujon et Bullant, et sans même que ce soit exclusif de quiconque,
sauf de Jacques I Ducerceau, il faut ajouter Primatice dont la vie
est mêlée de très prés à la cour de France depuis François I jusqu’à
Henri III, et qui fait passerelle permanente avec l’Italie (BOUCHERJacqueline,DGR,p.1221). D’ailleurs
il complète aussi et fédère le trio d’inspirateurs de MAULNES désignés
par Paul Barnoud (Cah.5,p.56) : Serlio, Michel-Ange et Delorme. La preuve certaine dans le manuscrit,
l’édition ou l’œuvre de peinture reste le principal espoir. Quels
témoignages, signature, indice retrouvés ou à retrouver sur place
à l’examen des bâtiments, pouvant dèsigner formellement une personnalité ?
A l’exemple de la fresque du Primatice à Fontainebleau qui reproduit
un schéma de Léonard de Vinci d’un nouveau procédé de charpente similaire
et antérieur à celui de Philibert (P.Potié,p.150). MAULNES n’apparaîtrait-il jamais dans
une fresque ou un tableau du Primatice, de Caron, ou de Nicolo Dell’Abbate,
dont la documentation apporterait une référence nouvelle; à l’exemple
du château de Gaillon qui apparaît dans une fresque du château italien
de Gaglianico ? (ROSSI Marco/Chastel,1978,
vol.1,p.505) Quel
architecte pour MAULNES, bâti entre 1566 et 1573 ? Serlio
absolument hors de propos concernant le chantier, puisque disparu
en 1554, sauf à imaginer que le ménage Bellay l’ait sollicité pour
un projet de construction du château entre 1546 et 1552 période pendant laquelle ils commencent
d’exploiter la forêt de MAULNES… (JPH,Cah.3,p.22)
environ
20 ans avant la signature des marchés de 1566, dans une situation
absolument comparable, mais avec un changement relatif de maître d’ouvrage. Le maniérisme très prononcé du porche primitif
incline pour Serlio en 1550… - DELORME
à MAULNES ! Jean-Marie Pérouse de Montclos considère Philibert
Delorme architecte de MAULNES, pourtant très occupé des Tuileries
à la période qui nous intéresse… Delorme a pu être sollicité dès 1550-52,
puis à nouveau, ou seulement en 1566 malgré ses charges du moment,
pour une reprise facilitée par l’existence du projet primitif; ou
peut-être seulement pour la galerie et ses combles étendus aux communs. - PRIMATICE
plutôt connu comme peintre et sculpteur a eu également une activité
d’architecte débordante, omnipotent à Fontainebleau [Cour Ovale] durant la décennie 1540, puis [Aile de la Belle Cheminée] durant la décennie 1560. A proximité de MAULNES, il a beaucoup fréquenté
Ancy-Le-Franc puisqu’il y succède à Serlio, mais aussi Tanlay et Vallery
où il a collaboré avec Lescot,
(DGR,p.641) ou
avec Delorme ? (MOREAU Abel,
Châteaux de l’Yonne, p.10). Lui aussi
a pu être sollicité dès 1550-52, puis à nouveau, ou seulement, en
1566. Primatice
et Delorme sont les deux ténors du moment, omniprésents dans le paysage
architectural français, entre lesquels ce n’est qu’un gigantesque
et perpétuel « jeu de chaises musicales »… l’un ou l’autre,
décédès tous deux en 1570, leurs ateliers, sembleraient spécialement
adéquats à la sophistication de MAULNES - MAULNES est savant (Carminati,p.86) - à ce concentré d’intelligence et d’élégance, de sensibilité à sa situation
et à son époque. Pourquoi
l’anonymat de l’architecte ? Surtout aussi célèbre qu’on le souhaite ?
Serait-ce la complexité de la situation qui a occulté les noms de
deux ou même trois éventuels intervenants majeurs, dont on peut penser
que la personnalité des Bellay/Crussol a obtenu leur collaboration:
mais plutôt l’anonymat qu’une paternité partagée ?
Ou serait-ce aussi que règne la reine-régente depuis 1560, alors qu’elle
était auparavant négligée… alors ne pas « faire d’ombre » à la souveraine et à ses chantiers
dont elle est l’architecte en chef ! Voir les cas précédents
des Tuileries et de François I. Alain Oudin,
architecte DESA (1969), III° cycle stage
d’aménagement et d’urbanisme Tony Garnier (1971). BIBLIOGRAPHIE Les Cahiers de MAULNES - 5 numéros Collectif,
direction JP HALEVY édition du Conseil Général de l’Yonne, 2001 à
2005 MAULNES archéologie d’un château
de la Renaissance collectif,
direction Monique CHATENET / Fabrice HENRION, éditions Picard, 2004 MAULNES est en terre de Bourgogne CARMINATI
Laurence, éditions de l’Imprimeur, 2004 BOUTIER,
DEWEWERPE et NORDMAN Un tour de France royal 1564-66, Aubier, 1984 CATHERINE
DE MEDICIS Correspondance 10 tomes
H. de la Ferrière et G. Baguenaut de Puchesse en 1880-1909 (volume
d’index, publié par A. Lesort, 1943) CHASTEL
André, Fables, Formes, Figures, 2 volumes,
Flammarion,1978 CLOULAS
Yvan, Catherine de Médicis, Fayard, 1979 COSSE-BRISSAC
/ MOREUX Châteaux de France disparus, Paris,1947 GARRISSON
Janine, Les derniers Valois, Fayard, 2001
HAUTECOEUR
Louis, congrès archéologique de France, Auxerre,1958 JOBST
C., Théorie de l’Architecture, Taschen, 2006 JOUANNA,BOUCHER,BILOGHI,LE
THIEC; Histoire et dictionnaire des Guerres de Religion, Robert Laffont,
1998 JOUANNA
Arlette, Le devoir de révolte, 1559-1661, Fayard, 1989 LE
ROY LADURIE Emmanuel Histoire de France 1460-1610 Hachette,1987 PILLEMENT
Georges, La France Inconue Sud-Est, éd. Grasset, Paris, 1955 POTIE
Philippe, Philibert De L’Orme, éd. Parenthèses, Marseille,1996 ROMIER
Louis, Catholiques et Huguenots à la Cour de Charles IX, éd. Perrin,
Paris, 1924 Collectif,
Le Grand Louvre, Histoire d’un projet
LeMoniteur,1994 Collectif,
direction PEROUSE de MONTCLOS, Guide du patrimoine Ile de France,
Hachette/M.Culture,1992. ERRATA : - HALEVY Jean-Pierre, -
p.42, au dernier paragraphe, il manque un mot: Brantôme, neveu de la brillante cousine de Louise… a sans doute aimé ou admiré celle qu’il cite à trois
reprises… - p.73: la figure 27 présente une gravure de J.N.L. Durand dont
la coupe sur les fossés, en creux du sol naturel, est erronée. Les
bastions sont constitués de talus de terre appuyés à des murs d’escarpe et de contrescarpe, ménageant entre eux un fossé au niveau
du sol naturel; les talus de terre protégeant les murs des tirs
d’artillerie. - CM/HF, p.81: la légende de la figure 32 concerne des cartes postales
du début du XX° siècle
(1938) et NON du début du XIX° ! - CM/HF, p.88: à propos de l’analyse du plan dit Du Cerceau Niveau
3, on lit : Le plan du
rez-de-chausée est moins éloigné… vestibule de plan ovale… qui s’éclaire
par deux DEMI-CROISEES
percées en biais dans les murs du pentagone. A l’examen, autant
que la précision des documents permet de l’affirmer, ces croisées
SONT IDENTIQUES aux deux autres de chaque coté, si ce n’est d’ailleurs
identique aux 13 autres croisées de l’étage niveau3, comme aux 15
du niveau4. Preuve supplémentaire qu’il s’agit d’une autre main, dans
un autre temps que celui du projet de 1566 ! et sûrement d’une
autre main que celle de Ducerceau ! -
CM/HENRION Fabrice, p.117:
la figure 92, notée 91 par erreur. -
HENRION Fabrice, p.161:
à propos des figures 190 et 191, reproduites à la page 160, il faut
dans le corps du texte de la première phrase de la page 161, intervertir
les mots première
et deuxième. -
PIEPER Jan / Aix-la-Chapelle
in CM/HF, pp.80,93,277 à propos des dessins de l’escalier central
et de ses paliers nord, situés plus ou moins, à mi-niveau: la pièce
2.00 relève plutôt du niveau1, la pièce 3.00 (palier étroit) relève
du niveau2, la pièce 4.00 (palier large, très lisible sur coupe Pieper p.96 et
sur les photos P.Barnoud du Cah.5,p.19) relève
du niveau3, et la pièce 5.00 du niveau 4. Il eut mieux valu assurer
en plan la continuité du passage, visuellement évident [p.117, fig.
91], et mettre l’entresol en pointillés, même si ce palier est à plus
d’1mètre du niveau dessiné, d’autant que p.80 son
escalier est faux sur ce détail: apparaît l’étroit palier niveau2
au lieu du large palier niveau(haut)3. En fait, Pieper a reconduit
la confusion du plan général Du Cerceau Niveau1+2+3 (p.89) qui omet
également la continuité à niveau2, sur l’extrados des voûtes inférieures,
entre le vestibule et le palier étroit, continuité que Monique Chatenet
n’a pas non plus compris : - CHATENET Monique/HF,p.88, note 41 à propos du plan général ou d’ensemble de
Ducerceau, mélangant les niveaux 1+2+3, on lit: la porte trompeuse ouvrant sur le pont qui appartient au niveau3…
NON cette porte bouchée aujourd’hui, est bien
celle de niveau2, comme le montre Fabrice Henrion, p.116 ,
avec les détails des figures 87 et 88. D’où l’erreur répétée à la
page 89 où le plan Du
Cerceau Niveau1 extrait du plan
général de Ducerceau est à titrer Niveaux1+2. - CHATENET Monique/HF p.98: la fig.56 présente une Fenêtre de l’étage noble, et NON du rez-de-chaussée; provenant, coté
sud-ouest, de la façade reproduite en regard, fig.58. - BARNOUD Paul Les Cahiers
de Maulnes n.5, p.15:
Le visiteur pénétrait dans une cour circulaire, il voyait, face à
lui, neuf grandes porte identiques; plutôt
que cinq. p.38:
La présence de grilles hors œuvre sur les fenêtres du second niveau… pas du troisième. - CHASTEL André Flammarion1978,vol2,p.37: en légende de la figure 239, les
dates 1441-1443 erronées; lire1541-1543. - POTIE Philippe Philibert De L’Orme, éd. Parenthèses, Marseille,1996, p.171: le 1°vol. des Plus excellents Bastiments de France date de 1576 et NON 1559, qui est celle de la publication du premier livre de Ducerceau intitulé Livre d’architecture… contenant les plans…etc... |