PLAIDOYER POUR UN ART INCARNE par PHILIPPE DUVAL, artiste et œuvrier
de l'artchimie - avril 2002 - La galerie "A L'ENSEIGNE DES OUDIN"
est un CHAUDRON MAGIQUE ! En on peut considérer la succession des
manifestations de la galerie comme celle des trois états alchimiques:
Noir, Blanc, Rouge; cette idée a germé en décembre 2000. ( et se confirme
en avril 2002 ) A l'époque il s'agissait de Christian Paraschiv, Pierre
Cornudet et Henri Ughetto dont on pouvait dire qu'ils étaient involontairement
comme les Rois-mages, représentant exactement dans l'ordre de leurs
expositions les trois niveaux du corps, de l'âme et de l'esprit !
Noir : l'horizontal , la matière, le cadre, l'instinct, le corps -
Paraschiv, le Roumain, l'Ours des Carpates, "Noir, la couleur du langage"
était le titre de l'exposition avec un usage du plomb qui caractérise
Saturne - Chronos ; ici l'Orient ! Blanc : le religieux, la psyché,
la culture, l'âme - Pierre Cornudet du Québec, Cornue-dé, le nouveau
monde dans le grand Nord, le froid, le grand blanc, la nuit arctique,
ici l'extrême Occident ! Du rennes on passe à la reine Lune. La reine
d'Angleterre est la reine du Canada et Albion vient d'Alba: blanc.
Et la lune c'est Diane ! Rouge : l'esprit - Ughetto compte les gouttes
de son sang. Il vient de Lyon ... par association : lion : soleil
: Centre ! le roi, le cœur saignant. En février, mars et avril 2002
il y a récidive dans l'esprit, avec les expositions successives de
Christian Paraschiv, la mienne et celle de Dominique Digeon : Œuvre
au noir : la " couleur du langage " de Christian Paraschiv, son gisant
fait de multiples parties de son corps sur un assemblage de photos
carrées évoque la mort germinatrice, le Christ en terre, l'utilisation
du charbon de Silésie, le plomb ingrédient Saturnien de base de l'alchimie
etc... accentuent le travail dans la partie obscure. On sait la terre-vierge,
la mère alchimique est vierge parceque première et mère = matière,
materia prima, et que le carré du tableau est son ventre où son enfant
croît. Œuvre au blanc: Je ( Philippe Duval ) travaille sur la maternité,
Sainte Anne, les racines, la Vierge, les feuilles, le Christ, la fleur
illustre le travail de la terre-mère qui donne naissance à son enfant,
par des montages aboutissant a un cd rom, lumière enfoui dans un tableau-ventre.On
peut dire que Lascaux-ventre a engendré la Défense-cerveau gauche
et Notre Dame-cerveau droit et que notre approche contemporaine sera
globale et simultanée ; finis les mouvements qui se succèdent ou plutôt
Sur
les murs verts, dans l'esprit d'une collection ou d'un cabinet
d'amateur accrochage permanent des artistes de la galerie
A
LENSEIGNE DES OUDIN revendique une situation A LA
MARGE,
cest à dire "à côté" si ce nest
dans une configuration UTOPISTE, cest à dire plus
radicalement "ailleurs" : Comme réunion dartistes
- toutes personnalités pour linstant irrécupérées
et comme galerie à nulle autre pareille dans son apparence,
(avec sa "collection en boutique" ouverte directement
sur la rue, comme lEnseigne de Gersaint par Watteau,
dont elle se réclame).Puisque cette utopie est la preuve
continuellement réitérée que linvention est possible
et donc que lART existe, cest aussi, en définitive,
sa validation irréfutable comme galerie.
PLAIDOYER POUR UN ART INCARNE par PHILIPPE DUVAL, ( fin )
Un plan alchimique
La situation géographique de la galerie dans Paris renforce l'idée
de marmite alchimique : Elle se situe exactement à égale distance
de la tour Saint Jacques et de l'hôtel Flamel rue de Montmorency.
La tour - linga - est le départ du pèlerinage vers Saint Jacques
de Compostelle et aussi le lieu de sépulture de Nicolas Flamel,
alchimiste parisien du 14e siècle, son hôtel étant une "fondation"
de charité. L'ensemble forme un triangle , un tertre sacré, un Mont-joie,
lieu heureux, nom aussi de la halte mythique de Flamel en vue de
Compostelle. Au sommet, la galerie-catalyseur ( Sel alchimique )
organise les échanges. Ses murs verts telle la "Table d'Emeraude"
qui est la bible alchimique, accueillent l'harmonie des couleurs
primaires de l'arc-en-ciel, symbole de renouveau et réalité de la
lumière qui caractérisent un grand nombre des œuvres présentes.
PLAIDOYER POUR UN ART INCARNE par PHILIPPE DUVAL, ( suite )
bonjour à la conscience qui situe telle ou telle œuvre dans une globalité.
Œuvre au rouge : De la terre naît la plante, de la plante naît la
fleur, de la fleur naît le cosmos : c'est le travail de Dominique
Digeon qui spatialise par des tondi : le rond c'est la forme de l'esprit
: voir les rosaces des cathédrales. Il exprime l'unité transcendante
de la matière : jambes de Luciano Castelli (instincts) et coups d'Echec
de Kasparov (intellect). Une œuvre d'art n'est jamais terminée, car
son unité la fait travailler et enfanter sa verticalité : tout ce
qui est fini est de l'artisanat ! tout ce qui n'est pas fini est infini.
Dans les musées il n'y a pas un tableau fini. Ils échappent au peintre
et sont le jouet des énergies cosmiques qui traversent les êtres et
les objets, les relient et les changent, les font évoluer. Le grand
œuvre c'est le passage du carré au cercle. Le Cosmos est en mouvement
permanent. Qui peut prétendre l'interrompre par un mouvement ultime
? Ici nous avons la démonstration la plus évidente avec cette conjonction
de hasards objectifs (syncronicité) qu'est exposé A L'Enseigne des
Oudin UN ART INCARNé, donc alchimique, d'où une magie inhérente !
Pratiquement tous les artistes de la galerie s'inscrivent dans cet
état d'esprit : - Suit la "multiplication" alchimique dans l'exposition
d'Henri Ughetto ; avec ses œufs mortuaires paradoxaux, nous sommes
dans l'unité. - Ensuite Pierre Molinier nous donne une image saisissante
de la déité à l'oriental ! énergie, danse cosmique de la vie et de
la mort ; l'in-carnation. Dieu avec les poils. - Le tissage des cheveux
de jeunes filles par Marcel Alocco exprime à nouveau l'incarnation.
- Marie Chamant poursuit cette série par un travail sur les écritures
du monde; " au commencement était le verbe" : Le verbe fait chair.
- Altagor, disparu en 1991, artiste " transactuel " métapoète de la
" Parole Transformelle " : peintre, musicien, poète ; manuel et intellectuel
; ermite et grand amoureux ; il commencera l'année 2003, en confirmant
encore l'option de l'art incarné.